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La canicule qui frappe la France est venue perturber l’organisation du défilé Dior Hommes, qui a été avancé de plusieurs heures, dans la journée d’hier. Mais pas de quoi déstabiliser Jonathan Anderson, qui fête sa première année à la tête de la maison. L’année dernière, c’est pas une collection masculine qu’il avait inauguré son mandat avenue Montaigne. Un an plus tard, a-t-il réussi à clarifier son projet créatif pour Dior ? A défaut de stabiliser l’esthétique, la nouvelle collection masculine montre l’évolution vers un pragmatisme commercial devenu nécessaire pour la seconde maison de mode de LVMH.
Défilé Dior Hommes Printemps-Eté 2027
Comme à son habitude, Jonathan refuse la démonstration spectaculaire. Et il continue de privilégier chez Dior la même approche ludique, entre fragilité et déconstruction, qui a fait son succès chez Loewe. Une proposition très éloignée de l’affirmation du statut que l’on retrouve parfois chez d’autres maisons patrimoniales.
Au luxe ostentatoire ou statutaire, le créateur irlandais préfère un tailoring assoupli, des vêtements parfois usés ou inachevés, et un contraste constant entre esprit aristocratique et négligence aux accents grunges. Ainsi, la veste masculine est encore une fois très présente, mais presque jamais utilisée dans sa forme traditionnelle. Elle se révèle avec des épaules relâchées, des volumes flottants, des revers exagérés et des proportions parfois déséquilibrées.
Dans ses proportions, la collection oscille entre deux registres : les vestes étirées, manteaux longs et silhouettes étroites ; mais aussi des ruptures soudaines avec les shorts et des superpositions de longueurs qui viennent déséquilibrer la silhouette.
Enfin, Jonathan Anderson poursuit l’abolition des frontières de genres, en incorporant des éléments traditionnellement féminins dans cette collection masculine. Transparence, maille ajourée, fluidité et décolleté profond rythment sa proposition.

Editorialisation et narration : un homme Dior mélancolique
Sur la vision d’ensemble, il est clair que la nouvelle collection Dior Hommes possède une grande cohérence visuelle. Elle ne ressemble pas à une compilation de tendances. Et le travail très resserré sur la palette de couleurs semble pensé pour faciliter le travail d’éditorialisation dans les médias.
Autre élément : la collection recherche un équilibre entre l’attitude et le produit. Ainsi, le narratif du dandy contemporain apparaît très clairement. Mais il est contrebalancé par des propositions plus « classiques », à commencer par la présence de plusieurs costumes noirs. Ces derniers cohabitent avec un pantalon métallisé, de denim et des mailles détricotées, qui soulignent à quel point la collection cherche à s’adresser à plusieurs types de clientèles.

Dior Homme : le retour au pragmatisme commercial
Cette troisième collection masculine Dior par Jonathan Anderson ne stabilise donc pas sa vision, tant elle continue d’étendre le discours esthétique au lieu de le recentrer. Mais cet effort d’ouverture est moins le fruit d’une quête stylistique que d’une forme de retour au pragmatisme commercial.
Derrière l’attitude faussement désinvolte, les vestes croisées, les manteaux, les chemises fluides et les tricots sobres affichent un très fort potentiel commercial. Il s’agit là d’une volonté de clarifier l’offre commerciale de la part d’Anderson. Mais aussi de la réponse attendue au contexte économique actuel. Car Dior doit renouer avec la conquête pour participer pleinement à la réussite de la division mode de LVMH.
