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Gucci présente « Gucci Memoria » à l’occasion de la Milan Design Week 2026, une installation immersive imaginée par Demna. Déployée au Chiostri di San Simpliciano du 21 au 26 avril, cette exposition propose une relecture symbolique et volontairement décalée des 105 ans d’histoire de la maison.
Memoria : une mise en scène de l’histoire de Gucci
Au cœur du cloître principal, Gucci déploie une série de tapisseries qui retracent les différentes étapes de son évolution. Ce choix du support textile renvoie directement à l’héritage artisanal de Florence, berceau historique de la maison. Chaque scène compose ainsi un fragment narratif, allant des débuts de Guccio Gucci à l’ère contemporaine portée par Demna.
La scénographie se distingue par un traitement ouvertement décalé de l’histoire. Certaines tapisseries représentent des ateliers d’artisans dans une approche classique, tandis que d’autres introduisent des anachronismes assumés. Des figures contemporaines apparaissent ainsi dans des décors historiques, créant un dialogue entre les époques.

Une tapisserie est notamment consacrée à « La Famiglia », la première collection de Demna pour Gucci. Les silhouettes y sont mises en scène sur des socles, dans une esthétique inspirée de la Renaissance italienne. Autre clin d’œil encore plus direct : une scène représente le studio du créateur, où Demna apparaît lui-même au travail..
L’installation inclut également une interprétation tridimensionnelle du motif Flora, conçu en 1966 par Vittorio Accornero. Dans le jardin du cloître, fleurs, insectes et végétaux recréent cet univers graphique à grande échelle, ce qui renforce un peu plus la continuité visuelle entre les archives et la relecture contemporaine.

Le patrimoine au service de l’image de marque
Avec ce projet Memoria, Gucci adopte une approche singulière du patrimoine. Plutôt que de proposer une lecture strictement historique, elle introduit une dimension narrative et expérimentale. L’humour et les décalages visuels participent d’ailleurs à cette relecture vivante de son histoire. On est loin d’une muséographie figée.
De plus, le dispositif s’étend au cloître secondaire, où des distributeurs automatiques proposent des boissons inspirées de « La Famiglia », issues du café Gucci Giardino à Florence.
Ainsi, Gucci confirme une tendance observée dans le luxe : l’utilisation du patrimoine comme matière créative. Cependant, la maison se distingue par une approche moins institutionnelle, où l’histoire devient un terrain volontairement ludique. En mobilisant des savoir-faire traditionnels comme la tapisserie et en introduisant des éléments contemporains, Gucci construit un récit hybride.
Dans ce contexte, l’exposition « Gucci Memoria » dépasse le simple jeu de l’hommage. L’installation fonctionne comme un outil de repositionnement. Et il permet à la maison, toujours en pleine relance, d’affirmer une continuité entre son héritage et sa direction actuelle. C’est également l’occasion de prouver que Gucci n’a rien perdu de la singularité ni du mordant qui ont fait son succès par le passé.
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