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Moins de deux ans après sa nomination, Pierpaolo Piccioli va quitter la direction artistique de Balenciaga. Son départ a été annoncé aujourd’hui, en fin de journée, par le groupe Kering. Un départ qui s’inscrit dans une réorganisation créative plus large engagée par le groupe de luxe. En effet, ce dernier cherche à relancer la dynamique de ses maisons sous la direction de Luca de Meo.
Le passage de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga aura été de courte durée. Mais elle intervient dans une période de vaste recomposition pour le portefeuille de marques de Kering. Et depuis la rentrée, la rumeur courait déjà sur le départ du créateur italien. Depuis son arrivée à la tête de Kering, Luca de Meo a multiplié les signaux en faveur d’une organisation plus évolutive. Le dirigeant avait notamment déclaré que l’organigramme du groupe était toujours susceptible d’être remis en question. De fait, les changements se succèdent au sein des directions créatives. Après le départ annoncé d’Anthony Vaccarello chez Saint Laurent le mois précédent, McQueen s’est également séparé de Sean McGirr.
Balenciaga face à la difficulté de trouver un nouvel équilibre créatif
Le départ de Demna pour Gucci, en mars 2025, avait ouvert une nouvelle séquence pour Balenciaga. Durant ses dix années à la tête de la maison, le créateur avait profondément transformé son identité visuelle et culturelle. En associant les codes du streetwear aux principes de la couture, il avait imposé une esthétique reconnaissable, fondée notamment sur les volumes exagérés, les silhouettes radicales et une prédilection pour les tonalités sombres. Cette approche avait contribué à renforcer la visibilité internationale de la marque et à porter son chiffre d’affaires au-delà de 1,5 milliard d’euros en 2025.
Mais le modèle commençait à montrer ses limites. L’intérêt pour les propositions parfois clivantes de Demna et les produits fortement siglés s’essoufflait, dans un marché du luxe lui-même confronté à un ralentissement. Pour Kering, l’enjeu consistait donc à faire évoluer l’offre sans renoncer à la singularité acquise par Balenciaga au cours de la dernière décennie.
La nomination de Pierpaolo Piccioli semblait donc répondre parfaitement à cette ambition. Le groupe souhaitait préserver l’ancrage de la maison dans les univers du sport et de la culture urbaine, tout en renforçant son offre haut de gamme avec des propositions plus classiques et féminines. Le créateur italien, passé par Valentino et Fendi, devait également contribuer à renouer avec l’héritage couture de Balenciaga. Une approche plus intemporelle, et donc très éloignée du streetwear installé sous le mandat de Demna. Mais cette nouvelle vision créative ne semble finalement plus correspondre aujourd’hui avec l’orientation que Kering souhaite donner à la maison parisienne.
Martine Rose pressentie pour lui succéder
Le départ de Pierpaolo Piccioli ouvre une nouvelle période d’incertitude pour Balenciaga. Et Kering n’a pas encore annoncé de remplaçant. Toutefois, le nom de Martine Rose circule déjà sur les réseaux sociaux. Et Business of Fashion a cité des sources proches de Kering confirmant le choix en faveur de la créatrice britannique. Basée à Londres, elle connaît déjà l’univers de Balenciaga pour avoir travaillé sur les collections masculines de la maison sous la direction de Demna, tout en développant sa propre marque. Son éventuelle nomination pourrait signaler un retour à une vision plus proche de l’univers qui a fait le succès de Balenciaga sous Demna.
Dans le communiqué de presse de Kering, Luca de Meo livre sa vision de la maison parisienne. « Notre ambition est de rester fidèle à l’esprit avant-gardiste de Balenciaga, d’honorer son héritage remarquable et de continuer à repousser les limites de la créativité qui font de la Maison une voix forte et pertinente. »
Pour Kering, la succession de Piccioli représente donc un nouvel ajustement dans la recherche d’un positionnement cohérent pour la maison. Le groupe entend faire de Balenciaga un acteur capable de rester connecté aux cultures jeunes, tout en préservant la valeur patrimoniale et créative de son offre. Reste à savoir si ce nouveau changement de direction artistique ne risque pas d’entamer l’image de la marque.
