Après des semaines de rumeurs persistantes, Kering a donc profité de la fin de la Fashion Week de Paris pour annoncer officiellement le départ d’Anthony Vaccarello de la maison Saint Laurent. Le créateur belge referme ainsi un mandat de dix années passées à la tête de l’une des marques de couture les plus scrutées au monde. Une maison dont le rôle au sein du portefeuille Kering reste aussi particulièrement stratégique. Retour sur ce mandat et sur les prochains enjeux économiques de la maison Saint Laurent.
Anthony Vaccarello : clap de fin après 10 ans chez Saint Laurent
Lorsqu’il arrive chez Saint Laurent en 2016, Anthony Vaccarello hérite d’une maison de premier plan… mais aussi du siège précédemment occupé par l’enfant chéri de la maison Saint Laurent, Hedi Slimane. Un créateur hors norme, dont la médiatisation et le succès commercial ont permis à Saint Laurent de ne pas décrocher face aux maisons concurrentes que sont Chanel et Dior. Pourtant, Kering vise plus haut. Et les attentes commerciales sont d’emblée très fortes sur les épaules d’Anthony Vaccarello.
Passé par Fendi et Versace, le créateur belge trouve immédiatement ses marques rue de Bellechasse. A son arrivée en 2016, les ventes annuelles de Saint Laurent s’élèvent à environ 974 millions d’euros. Dès sa première année complète, en 2017, le chiffre d’affaires bondit de 25,3%. Portée par un contexte économique favorable et une forte demande de la clientèle chinoise, la maison connaît ensuite une phase de croissance fulgurante entre 2022 et 2023. En 2023, elle atteint même un pic historique avec 3,2 milliards d’euros de ventes annuels.
Mais depuis 2024, le contexte macroéconomique global est devenu défavorable à l’industrie du luxe. Et les ventes de la maison Saint Laurent ont fléchi. D’abord un recul de -9% des revenus bruts en 2024, puis un nouveau recul de 66% en 2025. Sur le premier semestre 2026, Kering faisait état d’une stabilisation globale de l’activité de Saint Laurent. Reste toutefois à trouver la bonne formule pour renouer avec la croissance.
Virage esthétique, nouvelle donne stratégique
Si la direction artistique n’explique pas à elle seule les résultats financiers de la maison, elle prouve toutefois la nécessité d’un changement. En effet, Saint Laurent, désormais bien installée avec une image cohérente et une offre produit (femmes et hommes) parfaitement alignée, se doit de consolider sa position. Et pour ce faire, elle doit redynamiser certaines de ses catégories produits, à commencer par le vestiaire de jour, qui reste à la traîne de la maroquinerie dans la contribution au chiffre d’affaires.
Le prochain directeur artistique de Saint Laurent, que Kering devrait prochainement annoncer, hérite donc d’une maison forte sur ses fondamentaux. Mais l’objectif sera de relancer la conquête business, avec un intérêt particulier sur le marché asiatique, qui avait porté la plus forte phase de croissance de la maison.