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Le groupe suisse de luxe démarre son exercice 2027 sur une croissance bien supérieure aux attentes du marché. Entre avril et juin, Richemont a enregistré une progression de 20% de ses ventes à taux de change constants, soutenue par la vigueur de Cartier et de ses maisons de joaillerie, mais aussi par le redressement progressif de l’horlogerie et la reprise de plusieurs marchés asiatiques. Dans un environnement économique et géopolitique toujours incertain, le groupe confirme la solidité de son modèle fondé sur la désirabilité des grandes maisons et la maîtrise de sa distribution.
Richemont signe un début d’exercice exceptionnel
Richemont a ouvert son exercice 2027 sur un rythme de croissance particulièrement soutenu. Le groupe suisse a annoncé jeudi 15 juillet un chiffre d’affaires trimestriel de 6,3 milliards d’euros sur la période allant d’avril à juin 2026, en hausse de 20% à taux de change constants et de 17% en données publiées.
Cette performance marque une accélération par rapport à l’exercice précédent, déjà considéré comme solide. Sur l’ensemble de son exercice clos au 31 mars 2026, Richemont avait enregistré une croissance annuelle de 11% à taux constants, portée principalement par ses maisons de joaillerie. Le premier trimestre du nouvel exercice montre que cette dynamique ne s’essouffle pas, malgré un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité monétaire et la persistance de coûts élevés sur certaines matières premières.
Le groupe, propriétaire notamment de Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati et Vhernier, bénéficie plus que jamais de la puissance de ses marques patrimoniales, capables d’attirer une clientèle locale et internationale à la recherche de produits considérés comme des investissements émotionnels et patrimoniaux.
La joaillerie confirme son statut de moteur stratégique du groupe
Le principal enseignement de cette publication concerne une nouvelle fois la domination des activités de joaillerie. Les maisons de joaillerie affichent une croissance de 24% à taux constants au premier trimestre, avec un chiffre d’affaires de 4,7 milliards d’euros. La division signe ainsi son septième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. Richemont souligne une progression généralisée dans toutes les régions, tous les canaux de distribution et l’ensemble de ses maisons. Les collections iconiques, mais aussi les lancements récents, continuent d’alimenter la demande.
Cette performance confirme un changement profond dans la structure économique du groupe. Alors que les marchés du luxe deviennent plus sélectifs, la joaillerie apparaît comme la catégorie la plus résistante. Les consommateurs fortunés privilégient davantage les pièces intemporelles, associées à un savoir-faire historique et susceptibles de conserver une valeur symbolique sur le long terme.
Le retour de l’Asie redonne de l’élan au marché du luxe
Après plusieurs années difficiles, l’Asie montre des signes encourageants. Les ventes de Richemont progressent de 21% à taux constants dans la région, avec une contribution importante de Hong Kong et Macao. Le groupe indique également que les ventes combinées en Chine, Hong Kong et Macao ont renoué avec une croissance à deux chiffres. Une amélioration particulièrement surveillée par les investisseurs, tant la faiblesse de la consommation chinoise a pesé sur les performances de nombreuses maisons de luxe depuis 2023.
Les autres marchés asiatiques affichent également une dynamique favorable. La Corée du Sud et Taïwan figurent parmi les marchés les plus performants, confirmant la diversification progressive de la demande asiatique au-delà de la Chine continentale.
Le Japon se distingue encore davantage avec une croissance de 36% à taux constants. Le marché bénéficie à la fois de la demande locale et du retour des touristes internationaux, qui font à nouveau du pays une destination majeure pour les achats de luxe.
Les États-Unis deviennent un relais de croissance incontournable
La croissance américaine constitue l’autre grande surprise du trimestre. Les ventes progressent de 27% à taux constants, confirmant le rôle stratégique pris par les Amériques dans le développement de Richemont. Le groupe souligne une progression dans tous ses métiers, ses canaux de distribution et ses principaux marchés. La demande locale reste particulièrement dynamique, contrairement à certaines phases précédentes où la croissance du luxe américain dépendait davantage du tourisme international.
Cette performance renforce la diversification géographique de Richemont. Alors que le secteur cherche encore son équilibre après le ralentissement chinois, le groupe bénéficie désormais de plusieurs moteurs simultanés : l’Amérique du Nord, le Japon, l’Europe et une Asie progressivement mieux orientée.
L’horlogerie montre des signes de stabilisation après une période difficile
La division Specialist Watchmakers, qui rassemble notamment Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre et A. Lange & Söhne, retrouve progressivement de la vigueur.
Après un exercice 2026 marqué par une faible croissance et une rentabilité sous pression, l’activité progresse de 8% au premier trimestre. Richemont évoque une amélioration séquentielle et souligne les performances particulièrement solides de certaines maisons horlogères aux États-Unis et au Japon.
Le marché des montres de luxe reste néanmoins plus complexe que celui de la joaillerie. Après l’euphorie post-pandémie, marquée par une demande exceptionnelle et une forte spéculation sur certains modèles, le secteur traverse une phase de normalisation.
Le redressement observé chez Richemont constitue toutefois un signal positif. En effet, la baisse en Chine, Hong Kong et Macao semble désormais largement compensée par la reprise dans d’autres marchés.
La distribution directe continue de renforcer le modèle économique
Richemont bénéficie également d’une forte progression de son réseau de distribution directe. Les ventes retail augmentent de 24% à taux constants sur le trimestre et représentent 71% du chiffre d’affaires du groupe. Cette stratégie constitue un élément central du modèle économique du luxe contemporain. En développant ses boutiques et ses plateformes digitales, Richemont cherche à mieux contrôler l’expérience client, préserver son image de marque et renforcer sa relation avec les acheteurs. Les ventes en ligne progressent également de 18%, avec une contribution importante du Japon, des Amériques et de l’Asie-Pacifique.
La mode progresse mais reste encore secondaire dans le portefeuille
Les activités regroupées dans la division « Other », qui incluent notamment les maisons de mode et accessoires, affichent une croissance de 9% à taux constants. Richemont met en avant les bonnes performances de Peter Millar, Gianvito Rossi et Watchfinder & Co, ainsi qu’une progression solide de Montblanc. Cette amélioration confirme que certaines maisons du portefeuille gagnent progressivement en traction. Elle reste toutefois loin du niveau de performance atteint par la joaillerie.
Le développement d’un véritable pôle mode demeure un défi stratégique pour Richemont. Contrairement à certains concurrents comme LVMH ou Kering, le groupe suisse ne dispose pas encore d’une grande marque de mode mondiale capable de devenir un moteur comparable à Cartier.
L’évolution d’Alaïa sera notamment suivie avec attention après le départ récent de son directeur artistique Pieter Mulier. Alors que la maison parisienne avait gagné en visibilité internationale ces dernières années, la transition créative constituera un enjeu important pour maintenir sa dynamique.
Une situation financière qui donne au groupe une grande marge de manœuvre
Au-delà de la croissance commerciale, Richemont continue de renforcer sa solidité financière. Sa position de trésorerie nette atteint désormais 9,1 milliards d’euros au 30 juin 2026, contre 7,4 milliards un an plus tôt. Cette situation donne au groupe une capacité importante pour poursuivre ses investissements dans ses ateliers, son réseau de boutiques et le développement de ses maisons.
Richemont dispose aujourd’hui d’un avantage stratégique majeur : ses marques les plus fortes continuent de croître tout en générant les ressources nécessaires pour préparer la prochaine décennie.
