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La maison Celine a clôturé la Fashion Week Hommes de Paris 2026. Un défilé d’autant plus attendu qu’il s’agissait de la première présentation masculine de Celine depuis l’arrivée de Michael Rider à la direction artistique. Avec ce mandat, le créateur américain a choisi la voie de la conciliation plutôt que du clivage. Exit les années rock d’Hedi Slimane ou le vestiaire très sophistiqué de Phoebe Philo. Le Celine de Michael Rider ambitionne de réconcilier les différentes identités de la maison. Et le créateur fait le choix d’un vestiaire masculin volontairement transversal et commercial. Un choix qui reflète moins sa liberté créative que la pression commerciale qui pèse désormais sur Celine.
Celine Homme Printemps-Eté 2027
Pour son premier défilé 100% masculin, Michael Rider ne cherche pas à imposer de silhouette radicale. Et contrairement à d’autres propositions qui reposent sur un concept fort, il y a ici la volonté nette de penser avant tout le vestiaire comme une offre commerciale.
Ainsi, les silhouettes dévoilent une garde-robe construite autour de pièces immédiatement identifiables : des trenchs amples, des costumes structurés, des pantalons larges ou ajustés. Mais aussi du denim, de la maille légère, et le cuir qui s’intègre à la silhouette à la faveur d’une maroquinerie très présente, tantôt minimaliste tantôt maximaliste.

Michael Rider alterne entre des volumes architecturés et des silhouettes plus près du corps, pour créer un rythme visuel qui évite toute uniformité. Même travail d’alternance dans le choix de la palette chromatique, qui revisite les fondamentaux du luxe (beige, marine, gris, noir) en injectant régulièrement des contrastes de rouge, d’argent et de turquoise.
Enfin, le tailoring demeure le fil conducteur du travail de Michael Rider chez Celine. Un élément que l’on avait déjà pu apprécier dans ses collections féminines. La coupe est précise, sans démonstration spectaculaire de savoir-faire, mais avec une précision qui revendique un luxe discret, dans le pur respect de l’ADN Celine.

Le choix stratégique du retour au produit
Lignes claires, esthétique lisible, produits best-sellers en puissance. Michael Rider assume de positionner Celine dans une logique de retour au produit, à rebours de l’esthétique parfois spectaculaire privilégiées par les marques en quête de visibilité médiatique.
La collection masculine ne repose donc pas sur une silhouette unique appelée à devenir virale. Elle multiplie au contraire les points d’entrée dans l’univers Celine. Chaque look met en avant des catégories essentielles au chiffre d’affaires de la maison : manteaux, vestes, pantalons, maroquinerie, chaussures ou maille. L’objectif ? Il s’agit moins de créer une silhouette signature que d’élargir les opportunités commerciales. Ainsi, sans renier la discrétion propre au style Celine, cette collection réintroduit suffisamment de caractère pour distinguer la maison dans un moment où de nombreuses marques s’inspirent ouvertement de cette sophistication parisienne anti-logo. Mais ce vestiaire cherche aussi à séduire un large panel de clients, en leur proposant plusieurs façons d’habiter le territoire Celine.

Quel nouveau récit de marque pour Celine ?
En prenant les rênes de Celine, Michael Rider a hérité d’une maison aux héritages esthétiques parfois difficilement conciliables. Une maison, aussi, qui doit composer avec une compétition féroce au sein même de la division mode de LVMH. Sous le mandat d’Hedi Slimane, Celine avait connu une croissance de chiffre d’affaires spectaculaire, dépassant vraisemblablement les 2 MD€. Une performance qui faisait alors de Celine le challenger de Fendi, troisième plus grosse maison mode de LVMH.
En 2026, c’est désormais Loro Piana qui referme ce podium interne. Et Celine se trouve au coude à coude avec Fendi et Loewe. Une position qui résume à elle seule la position de la marison parisienne sur un segment plus concurrentiel du luxe. Un segment dans lequel la différenciation ne repose plus uniquement sur la performance produit, mais aussi sur la capacité à construire un imaginaire durable.
C’est précisément sur ce terrain que Michael Rider semble vouloir déplacer Celine. Plutôt que de remplacer une silhouette iconique par une autre, il substitue à l’idée d’une tribu unique celle d’une pluralité de personnages. Un récit qui ne repose plus sur une génération ou une attitude uniforme, mais plutôt sur une vision élargie de la masculinité contemporaine, capable d’intégrer plusieurs expressions stylistiques sans perdre sa cohérence. Avec un objectif clair : donner aux clients une raison de revenir chez Celine.
