LVMH tourne une nouvelle page dans l’histoire récente de Patou. Le groupe de luxe vient d’annoncer la cession de la maison parisienne à Nirvana Investments, la holding de l’homme d’affaires britannique Dilesh Mehta, qui était déjà actionnaire minoritaire de la marque. Cette opération marque le retrait de LVMH huit ans après son entrée au capital de Patou en 2018.
Renaissance avortée pour Patou
Lorsque LVMH investit dans Patou en 2018, l’objectif est de ressusciter une maison fondée en 1914 et tombée progressivement dans l’oubli après plusieurs décennies d’absence sur le marché de la mode. Un exercice que le groupe de luxe français connaît bien, puisqu’il s’est spécialisé dans la relance des « Belles Endormies » de la couture parisienne.
Le groupe nomme alors Guillaume Henry à la direction artistique, avec la mission de réinterpréter l’héritage de Jean Patou et de repositionner la marque auprès d’une nouvelle génération de consommateurs. Malgré le succès d’estime autour des collections, Patou peine à émerger. Et la maison ne suscite pas le même engouement que d’autres marques du portefeuille LVMH qui ont su fédérer une large clientèle (Loewe et Celine en tête).
En février dernier, l’annonce du départ de Guillaume Henry acte la crise traversée par la maison. Et LVMH annonce alors qu’aucun successeur ne sera annoncé. Un signal qui ne laisse pas de place au doute quant à l’avenir de Patou au sein du groupe LVMH. En effet, dans un contexte où LVMH cherchait déjà à céder certaines participations, notamment autour de Marc Jacobs ou Fenty Beauty, le maintien de Patou dans son portefeuille semblait de moins en moins certain.
Patou : retour au précédent propriétaire
Avec cette acquisition, Patou revient finalement entre les mains de son ancien propriétaire. Dilesh Mehta avait repris la marque en 2011 auprès de Procter & Gamble avant de faire entrer LVMH au capital en 2018 pour accompagner sa renaissance. Déjà détenteur de 30 % du capital, l’homme d’affaires britannique reprend désormais les 70 % détenus par le groupe de Bernard Arnault. L’opération permet donc à LVMH de sortir d’un investissement qui n’a pas atteint les ambitions initiales du groupe, tout en donnant à Patou un nouvel actionnaire connaissant déjà son histoire et son potentiel.
LVMH poursuit le tri dans son portefeuille de marques
Cette cession illustre une évolution plus large de la stratégie de LVMH. Avec plus de 75 maisons dans son portefeuille, le groupe dispose d’un écosystème extrêmement diversifié, allant des grandes locomotives mondiales comme Louis Vuitton ou Dior à des marques plus spécialisées nécessitant des investissements importants pour atteindre une taille critique.
Dans un contexte de ralentissement du marché du luxe et de pression accrue sur la rentabilité, les groupes internationaux réévaluent désormais plus régulièrement la pertinence stratégique de leurs participations. Après Marc Jacobs, cédé en mai 2026, Patou est donc le dernier exemple en date de cette gestion plus sélective du portefeuille.