Le fabricant britannique de chaussures Clarks pourrait fermer son unique site de production au Royaume-Uni moins d’un an après sa réouverture. Confrontée à des coûts de fabrication élevés et à des difficultés financières persistantes, la marque a lancé une consultation interne sur l’avenir de l’usine.
Clarks traverse une nouvelle zone de turbulences. Le chausseur britannique a annoncé à la mi-janvier envisager la fermeture de son seul atelier de production au Royaume-Uni, situé dans le Somerset, dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Cette décision intervient moins d’un an après la relance du site. En 2018, Clarks avait en effet choisi de réinvestir dans une production locale en rouvrant cet atelier britannique, présenté comme un symbole du savoir-faire historique de la marque. L’usine venait compléter les capacités de fabrication déjà implantées en Inde et au Vietnam.
Le site était notamment chargé de produire la célèbre Desert Boot, modèle emblématique lancé dans les années 1950 et devenu l’une des références du portefeuille de la marque.
Cependant, malgré cette relocalisation partielle, la rentabilité du site n’a pas été au rendez-vous. L’atelier emploie 49 personnes, mais les coûts de production au Royaume-Uni restent élevés par rapport à ceux des autres unités du groupe. Face à cette situation, Clarks a engagé une consultation interne afin d’évaluer la viabilité économique de l’usine.
Cette possible fermeture de l’usine Clarks s’inscrit dans un contexte financier plus large. Le fabricant avait déjà enregistré une perte de 31,3 millions de livres sterling lors de l’exercice 2017. À la date de cette annonce, les résultats financiers de 2018 n’avaient pas encore été publiés.
Pour la marque, l’enjeu dépasse la seule question industrielle. La fermeture de l’usine Clarks marquerait un recul symbolique de la production britannique au sein d’une entreprise historiquement associée à l’industrie manufacturière du pays. Elle illustrerait également les difficultés rencontrées par de nombreuses marques pour concilier fabrication locale, compétitivité internationale et maîtrise des coûts.