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Cette semaine, Kering ne s’est pas contenté de publié ses résultats financiers pour le Q1 2026. Le groupe a orchestré une séquence de communication en deux temps. Et au lendemain de la publication de ses résultats, il a rendu public la feuille de route ReconKering. Ce plan porté par Luca de Meo vise à relancer Kering à l’horizon 2030. Et les ambitions qu’il dévoile remettent donc en perspective les résultats de ce début d’année 2026. Actuellement, Kering est en phase de stabilisation. Une première étape positive. Mais la transformation engagée autour de Gucci et la montée en puissance de la joaillerie dessinent une trajectoire encore fragile pour Kering.
Enfin la stabilisation après plusieurs trimestres de repli
Kering enregistre un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année. Soit un recul de 6 % en données publiées. Pourtant, ce résultat reste stable à périmètre comparable. Une performance que le groupe présente comme une première étape dans son redressement. Et en effet, en stoppant enfin la chute de ses performances, Kering valide les premières étapes de son plan de relance.
Le groupe français fait aussi face à un défi conjoncturelle important. Le contexte global de ce début d’année 2026 est marqué par les tensions géopolitiques, mais aussi par des taux de change défavorables entre les devises. Enfin, le ralentissement de la demande en Asie continue de peser sur le marché du luxe.
Gucci toujours en difficulté malgré des premiers signaux positifs
Sans réelle surprise, la principale faiblesse du groupe reste Gucci. Sur ce premier trimestre, les ventes de la maison italienne reculent de 8 % en comparable. Si l’Amérique du Nord affiche une progression de 8 %, les performances en Europe de l’Ouest et en Asie-Pacifique poursuivent une trajectoire à la baisse.
Le début de mandat de Demna, en 2025, et la refonte en profondeur de la stratégie de la marque ne suffisent pas encore à renverser la donne chez Gucci. L’arrivée en boutique de la première collection de Demna, fin mars, doit valider la nouvelle orientation créative ainsi que la nouvelle architecture de l’offre produit autour de La Famiglia.
La joaillerie et les lunettes tirent la croissance
À l’inverse, les activités joaillières affichent une dynamique particulièrement soutenue, avec une croissance de 22 % à données comparables. Boucheron et Pomellato bénéficient notamment d’une demande solide, en particulier en Asie et au Japon.
La division Kering Eyewear enregistre même un trimestre record. Dans son communiqué, le groupe précise que l’offre eyewear de ce début d’année est portée par des lancements produits et une stratégie marketing efficace.
Une transformation stratégique structurée autour de ReconKering
À l’occasion de son Capital Markets Day, Luca de Meo a présenté son plan stratégique « ReconKering », qui s’articule autour de trois phases : reset, rebuild et reclaim.
L’objectif est double. Il s’agit bien sûr de restaurer la désirabilité des marques. Mais l’enjeu est aussi de renforcer la discipline opérationnelle du groupe. Kering entend notamment s’appuyer sur une plateforme intégrée combinant capacités industrielles, data client et technologies avancées pour gagner en agilité et en efficacité.
La stratégie repose sur une centralisation accrue de certaines fonctions clés. Kering ambitionne ainsi de déployer une approche plus analytique et soutenue par l’intelligence artificielle. Avec pour objectif d’optimiser ses décisions en matière de création, de distribution mais aussi de relation client.
Une ambition financière élevée dans un contexte incertain
Alors quel avenir pour Kering ? La relance prendra du temps. Et les premières décisions de Luca de Meo, arrivé en 2025 à la tête du groupe, ne pouvaient pas inverser si rapidement l’élan du groupe de luxe. Pourtant, la stabilisation de ce premier trimestre 2026 est de bon augure pour Kering. Et le groupe entend bien renouer avec la croissance grâce à sa nouvelle gouvernance.
L’une des clés de la réussite sera l’amélioration de la marge opérationnelle. Le groupe veut la doubler à moyen terme. Et pour atteindre cet objectif, il devra poursuivre l’optimisation de son mix produit et accroitre sa discipline financière. L’autre élément décisif sera aussi de continuer à soutenir les activités à forte valeur. Et à ce titre, la création récente de la division Kering Jewelry prouve que le groupe tricolore est déjà en train de se doter des moyens pour tenir ses ambitions.
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