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Hermès a publié hier un chiffre d’affaires en léger recul pour le premier trimestre 2026. En cause ? le groupe français est pénalisé par un effet de change défavorable. Derrière cette contraction apparente, la maison affiche pourtant une croissance robuste. Elle est notamment portée par l’Amérique, le Japon et le cœur de métier Hermès, à savoir la maroquinerie.
Une croissance opérationnelle masquée par les devises
Avec un chiffre d’affaires de 4,1 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, Hermès enregistre un recul de 1,4 % à taux courants. En réalité, la performance est nettement plus favorable à taux de change constants, avec une progression de 6 %.
Le groupe subit un impact négatif des parités monétaires estimé à 290 millions d’euros, qui vient effacer une partie significative de sa dynamique commerciale.
L’Amérique et le Japon comme moteurs
La croissance repose sur quelques zones clés. Les Amériques affichent une progression de 17 %, confirmant leur rôle de premier relais de croissance après une année 2025 déjà exceptionnelle. Le Japon suit avec une hausse de 10 %, soutenue par la demande locale.
L’Europe hors France progresse également de 10 %, traduisant une montée en puissance de la clientèle domestique.
À l’inverse, la France recule de 3 %, pénalisée par la baisse des flux touristiques, tandis que l’Asie hors Japon ralentit nettement à +2 %.
Zone Asie : un ralentissement à surveiller
Si la région asiatique reste en croissance, le rythme marque le pas, notamment en Chine. Hermès met en avant la fidélité de sa clientèle locale pour expliquer cette résistance relative.
La zone Moyen-Orient recule de 6 %, directement affectée par les tensions géopolitiques, confirmant la sensibilité du groupe à certains chocs régionaux.
La maroquinerie, pilier incontesté du business Hermès
La maroquinerie-sellerie continue de porter la croissance avec une hausse de 9 % et représente près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe.
Les autres métiers affichent des performances plus contrastées. Le prêt-à-porter et les accessoires reculent, l’horlogerie est en baisse, tandis que la soie et les autres métiers progressent plus modestement.
Cette concentration renforce le positionnement d’Hermès autour de ses produits iconiques, au premier rang desquels ses sacs. A noter que Hermès poursuit le développement progressif de ses capacités de production. Il vient notamment d’ouvrir une nouvelle maroquinerie en Gironde. Et il prépare plusieurs autres projets à l’horizon 2030.
Hermès : un modèle résilient dans un environnement instable
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques, Hermès continue de privilégier une croissance qualitative. Le groupe bénéficie d’un modèle intégré, d’une forte rentabilité et d’une clientèle fidèle. Autant d’atouts qui lui permettent d’absorber les chocs externes sans remettre en cause sa trajectoire. Le point à retenir, c’est aussi sa capacité d’investissement intacte pour poursuivre sa trajectoire en 2026.
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