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Tiffany & Co. s’associe au Musée des Arts décoratifs de Paris pour inventorier, restaurer et numériser près de 10 000 dessins et archives liés à Jean Schlumberger. Au-delà de la conservation, ce programme pluriannuel souligne la valeur stratégique des archives pour les maisons de luxe : préserver leurs savoir-faire, nourrir la création et transmettre un patrimoine qui contribue à leur identité.
Tiffany & Co. lance, avec le Musée des Arts décoratifs (MAD), un programme de conservation consacré aux archives de Jean Schlumberger, créateur majeur de la joaillerie du XXe siècle et figure importante de l’histoire de la maison américaine. Prévu sur quatre ans, le projet porte sur plus de 5 000 dessins, croquis et gouaches conservés par le musée, ainsi que sur environ 5 000 documents personnels retraçant la vie et le parcours professionnel du créateur. The Tiffany Archives pilote cette initiative avec les équipes du musée.
L’opération comprend l’inventaire, la restauration, la préservation et la numérisation des fonds. Elle vise à faciliter leur consultation et à rendre ce matériau accessible aux chercheurs, conservateurs et créateurs. À travers cet engagement, Tiffany contribue à protéger une partie de l’histoire de la joaillerie tout en consolidant les ressources documentaires qui peuvent alimenter ses travaux créatifs futurs.
Les archives, une ressource pour la création et l’identité de marque
Entré chez Tiffany & Co. en 1956, Jean Schlumberger a développé un langage joaillier reconnaissable, nourri par les formes de la nature, les couleurs et des motifs imaginaires. Parmi ses créations les plus connues figure la broche Bird on a Rock, introduite en 1965. Ses dessins permettent de comprendre comment une intuition graphique devient une pièce de joaillerie, depuis les premières esquisses jusqu’à la sélection des pierres et à l’exécution par les artisans.
Cette documentation possède donc une fonction qui dépasse la mémoire historique. Elle permet de retrouver les intentions du créateur, d’étudier ses méthodes et de replacer les bijoux achevés dans leur processus de conception. Pour une maison, ce fonds constitue une source de références susceptible d’éclairer de nouvelles créations, tout en contribuant à préserver la cohérence de son identité dans le temps.
L’enjeu est particulièrement important pour les marques dont la valeur repose en partie sur un héritage créatif distinctif. Les archives documentent les origines d’un style et les savoir-faire associés à sa réalisation. Elles fournissent aussi des éléments vérifiables pour raconter l’histoire de la maison, au-delà des seules campagnes de communication ou de la présentation des collections actuelles.
Le travail de conservation est ainsi indissociable de celui de transmission. La numérisation peut faciliter l’accès aux documents et leur étude, mais elle ne remplace pas la restauration matérielle des originaux. Les deux démarches sont complémentaires : l’une protège les supports physiques, l’autre élargit les possibilités de consultation et de recherche.
« I Am Only a Pencil » : rendre visible le chemin du dessin au bijou
À Paris, la présentation I Am Only a Pencil accompagne le lancement du programme. Coorganisée avec l’expertise scientifique du Virginia Museum of Fine Arts (VMFA), elle réunit des dessins originaux, des photographies, des souvenirs personnels, des objets d’art et des bijoux. L’ensemble met en regard les étapes du travail de Schlumberger et les pièces réalisées à partir de ses idées. Certaines créations et certains objets proviennent notamment de la collection liée à Rachel Lambert « Bunny » Mellon, collectionneuse, mécène et proche du créateur.
La présentation donne une dimension concrète au travail d’archives : elle montre ce que les documents permettent de comprendre de la démarche artistique et du dialogue entre dessin, matériaux et savoir-faire. Elle inscrit également le fonds de Schlumberger dans un cadre patrimonial plus large, au croisement des collections muséales et des archives d’entreprise.
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