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Kering a présenté ses résultats financiers pour le T3 2026. Le groupe a réalisé 3,345 milliards d’euros de chiffre d’affaires entre juillet et septembre, en baisse de 1 % à données comparables. La progression de plusieurs maisons et de la joaillerie amortit les difficultés de Gucci, dont les ventes reculent à nouveau après l’amélioration du deuxième trimestre.
Kering peine encore à transformer les premiers signes d’amélioration en redressement durable. Au troisième trimestre 2026, le groupe de luxe a enregistré un chiffre d’affaires de 3,345 milliards d’euros, stable en données publiées mais en baisse de 1 % à données comparables. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes atteignent 10,565 milliards d’euros, soit une stabilité en comparable et un recul de 2 % en données publiées.
La performance trimestrielle marque un ralentissement par rapport au deuxième trimestre, lorsque le chiffre d’affaires avait progressé de 2 % en comparable. Le groupe évoque un environnement macroéconomique moins porteur, une base de comparaison plus exigeante et un séquencement des ventes anticipé au second semestre. Le trafic en magasin demeure le principal frein, même si le taux de conversion, le prix moyen et le panier moyen soutiennent les ventes de la plupart des maisons.
Derrière cette relative stabilité se dessinent des trajectoires très différentes. Gucci reste sous pression, tandis que Saint Laurent, Bottega Veneta, Brioni, la joaillerie et les lunettes contribuent à amortir le recul de la principale marque du groupe.
Gucci perd à nouveau de l’élan
Le chiffre d’affaires de Gucci s’établit à 1,291 milliard d’euros au troisième trimestre, en baisse de 6 % à données comparables. La marque, qui représente près de 39 % des ventes trimestrielles de Kering, voit ainsi son activité reculer davantage qu’au deuxième trimestre, où la baisse comparable s’était limitée à 2 %.
Les ventes du réseau en propre, boutiques et commerce en ligne compris, diminuent de 9 % en comparable, contre 2 % au trimestre précédent. Kering souligne un effet de nouveauté moins marqué qu’au printemps et une base de comparaison plus exigeante. La baisse du trafic pèse notamment sur l’Asie-Pacifique, en particulier la Chine continentale, ainsi que sur le Japon. L’Amérique du Nord reste le marché le plus résilient de la maison.
Certains indicateurs opérationnels évoluent néanmoins dans le bon sens. Le groupe fait état d’une amélioration du taux de conversion, du prix moyen et du panier moyen, soutenue par le déploiement progressif des nouvelles collections. Le travail engagé sur l’offre se concentre notamment sur la maroquinerie, avec un assortiment enrichi, une attention accrue à la qualité et une architecture de prix retravaillée.
Ces évolutions ne se traduisent pas encore par une reprise des ventes en boutique. La progression du wholesale, en hausse de 45 % en comparable, doit également être interprétée avec prudence : ce canal ne représente que 120 millions d’euros, soit 9 % du chiffre d’affaires trimestriel de Gucci. Sa forte hausse tient notamment à une base de comparaison faible et au calendrier des commandes et livraisons. Elle ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve d’un redémarrage de la demande finale.
Pour Luca de Meo, directeur général de Kering, le redressement de Gucci demeure la priorité absolue. Les résultats du troisième trimestre montrent que le renouvellement de l’offre progresse, mais que son effet commercial reste à confirmer.
Les autres maisons amortissent le recul de Gucci
La division Mode et Maroquinerie a réalisé 2,743 milliards d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre, en recul de 3 % en comparable. La baisse masque toutefois une divergence croissante entre Gucci et les autres maisons.
Hors Gucci, les ventes du réseau en propre de la division progressent de 2 % en comparable, portées par Saint Laurent, Bottega Veneta et Brioni. Saint Laurent bénéficie notamment d’une dynamique soutenue en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Bottega Veneta continue de tirer parti de l’attractivité de ses collections de maroquinerie et poursuit la diversification de son offre. Brioni profite de son positionnement sur mesure et d’une relation client très personnalisée.
Les situations restent plus contrastées chez les autres marques. Balenciaga fait preuve de résilience dans la maroquinerie, mais le prêt-à-porter et les chaussures demeurent sous pression. Alexander McQueen poursuit son repositionnement autour de son identité de tailleur britannique, tout en rationalisant sa distribution.
Cette dispersion des performances constitue un enjeu stratégique majeur pour Kering. En effet, les autres maisons commencent à amortir la faiblesse de Gucci, mais leur croissance doit encore gagner en ampleur pour modifier sensiblement la trajectoire du groupe.
Joaillerie et lunettes, deux relais de croissance
Les activités situées en dehors de la mode affichent une dynamique plus favorable. Kering Jewelry enregistre 239 millions d’euros de chiffre d’affaires trimestriel, en progression de 11 % en comparable. Les ventes du réseau en propre augmentent de 18 %, portées notamment par Boucheron et Pomellato. Les performances de DoDo et Qeelin restent plus contrastées.
Kering Eyewear réalise pour sa part 373 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 4 % en comparable, avec une progression dans toutes les régions. Ces activités contribuent à diversifier les moteurs de croissance du groupe, même si leur poids reste inférieur à celui de la mode et de la maroquinerie.
Le réseau de magasins continue de se contracter
Kering poursuit parallèlement l’ajustement de son outil commercial. Le groupe a procédé à 105 fermetures nettes de magasins au cours des neuf premiers mois de 2026, soit 128 fermetures et 23 ouvertures. Il dépasse ainsi avant la fin de l’année son objectif initial de 100 fermetures nettes et vise désormais au moins 125 fermetures sur l’ensemble de l’exercice.
Cette rationalisation doit contribuer à améliorer la productivité du réseau et à réduire les coûts, sans renoncer aux investissements nécessaires à la désirabilité des marques.
Kering maintient son objectif d’amélioration de la marge opérationnelle courante en 2026, soutenu par les mesures d’efficacité engagées. Le groupe ne publie toutefois pas de résultat opérationnel trimestriel dans ce communiqué : il est donc trop tôt pour mesurer précisément la traduction financière des progrès commerciaux observés chez certaines maisons.
À ce stade, les résultats du troisième trimestre dessinent moins un redressement généralisé qu’une stabilisation encore fragile, dans laquelle les relais de croissance progressent tandis que Gucci continue de peser sur l’ensemble. La capacité du groupe à restaurer durablement la dynamique de sa marque phare reste déterminante pour la suite de sa transformation.
