Les partenariats mode Chine se multiplient au sein de l’industrie du luxe et du prêt-à-porter. Face à la croissance du marché chinois et à l’évolution des habitudes de consommation locales, de nombreuses marques européennes choisissent désormais de s’appuyer sur des groupes ou investisseurs chinois pour accélérer leur développement.
Qu’il s’agisse d’acquisitions, de joint-ventures ou d’accords commerciaux, cette stratégie vise à faciliter l’accès à l’un des marchés les plus dynamiques au monde. Si les perspectives de croissance sont importantes, les entreprises restent néanmoins confrontées à plusieurs défis liés aux spécificités économiques et culturelles du pays.
Les groupes chinois multiplient les investissements dans la mode
Plusieurs opérations illustrent cette tendance. En mai, le fonds de private equity Green Harbor a acquis une participation majoritaire dans la marque créée par Jason Wu.
D’autres groupes chinois poursuivent également leur stratégie de croissance externe. Ruyi Fashion a multiplié les acquisitions dans la mode européenne, notamment avec Sandro, Maje et Claudie Pierlot. De son côté, Fosun s’est rapproché de la maison Lanvin.
La marque Zadig & Voltaire serait également en discussion avec le groupe hongkongais I.T Group afin de renforcer sa présence en Chine continentale.
Ces opérations traduisent une volonté commune : combiner la notoriété des marques occidentales avec la connaissance du marché apportée par les partenaires locaux.
Le marché chinois attire les marques de luxe
L’intérêt porté aux partenariats mode Chine s’explique principalement par le poids grandissant des consommateurs chinois dans le secteur du luxe. Selon les estimations du cabinet Bain & Company, les acheteurs chinois représentaient déjà environ 33 % des ventes mondiales de produits de luxe en 2018. Cette part pourrait atteindre 50 % d’ici 2025.
Parallèlement, les politiques publiques favorisant la consommation intérieure encouragent progressivement les achats réalisés sur le territoire chinois plutôt qu’à l’étranger. Pour les marques internationales, disposer d’une implantation locale devient donc un enjeu stratégique afin de capter cette demande.
Les joint-ventures apparaissent comme une solution privilégiée
Malgré ces perspectives favorables, réussir son implantation en Chine reste complexe. Han Chong, créateur de la marque britannique Self-Portrait, souligne que la rapidité des évolutions du marché impose de s’entourer d’acteurs connaissant parfaitement l’environnement local. Selon lui, même un dirigeant d’origine chinoise peut avoir besoin d’un partenaire implanté sur place pour suivre les évolutions du marché.
Les différences culturelles, les habitudes de consommation et les barrières linguistiques continuent de compliquer les projets de développement des entreprises étrangères. Dans ce contexte, plusieurs spécialistes du secteur estiment que les joint-ventures offrent davantage de flexibilité que les acquisitions intégrales. Ce modèle permet aux marques européennes de bénéficier de l’expertise opérationnelle d’un partenaire local tout en limitant les risques liés à une implantation sur un marché en constante évolution.