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Au 30 septembre 2026, Hermès affiche une croissance de 6 % à taux de change constants. La progression reste solide. Mais le troisième trimestre marque un ralentissement par rapport au précédent. La maroquinerie, le Japon et les Amériques constituent les principaux moteurs de l’activité, tandis que la stagnation de la Grande Chine et les effets de change pèsent sur la lecture des performances.
Hermès a réalisé 12,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2026, en hausse de 6 % à taux de change constants et de 3 % aux taux de change courants. Au troisième trimestre, les ventes atteignent 4,1 milliards d’euros. Elles progressent de 4 % à taux de change constants et de 6 % aux taux de change courants. Le chiffre d’affaires trimestriel reste stable par rapport au deuxième trimestre, mais la croissance organique ralentit. Elle s’établissait alors à 7 %. Cette évolution constitue l’un des principaux points de repère pour comprendre la dynamique commerciale de la maison à l’approche de la fin d’année.
Les effets de change représentent également un enjeu financier significatif. Sur les neuf premiers mois, leur impact négatif sur le chiffre d’affaires atteint environ 310 millions d’euros. L’écart entre la croissance à taux constants et celle publiée illustre ainsi le poids des devises dans la performance comptable du groupe.
Les Amériques et le Japon compensent la faiblesse de la Grande Chine
Les performances géographiques font apparaître des dynamiques contrastées. Sur neuf mois, les Amériques progressent de 13 % à taux de change constants. Le Japon suit avec une hausse de 11 %, devant l’Europe hors France, en croissance de 9 %. La France affiche une progression plus modérée, à 2 %. En Asie hors Japon, la croissance atteint 2 %. La Grande Chine reste stable, tandis que la Corée enregistre une performance soutenue. Enfin, les autres marchés reculent de 4 %, une évolution principalement liée au Moyen-Orient, seule région en baisse selon les données publiées.
Cette répartition montre que la croissance d’Hermès repose sur plusieurs zones géographiques, mais qu’elle ne bénéficie pas du même niveau de dynamisme partout. La vigueur des Amériques et du Japon soutient l’activité, alors que la stagnation de la Grande Chine limite la contribution de l’Asie hors Japon. Pour la fin de l’année, l’évolution de ces marchés constituera donc un indicateur important. Les résultats disponibles ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de conclure à un redémarrage de la demande en Grande Chine.
La maroquinerie reste le premier moteur de croissance
Par métier, la maroquinerie-sellerie confirme son rôle central dans la performance du groupe. Son chiffre d’affaires progresse de 10 % sur neuf mois, avec une légère accélération au troisième trimestre. Hermès poursuit le renouvellement de son offre avec plusieurs modèles, dont le Double Longe, la Besace Attelée et le Bride de Jour. La maison augmente également ses capacités de production. Elle a inauguré son 25e atelier de maroquinerie à Loupes en avril. D’autres ouvertures sont prévues à Charleville-Mézières en 2027, à Colombelles en 2028 et aux Andelys en 2030.
Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie industrielle de long terme. Ils accompagnent le développement de l’activité tout en renforçant les capacités de fabrication de la maison. Leur calendrier rappelle cependant que l’augmentation de la production repose sur des projets progressifs, dont les effets se déploieront au-delà de 2026.
Les autres métiers présentent des évolutions plus contrastées. La soie et les textiles progressent de 7 % sur neuf mois. Les vêtements et accessoires enregistrent une hausse de 1 %, tandis que les autres métiers, qui comprennent notamment la bijouterie et l’univers de la maison, avancent de 3 %.
La parfumerie-beauté recule de 1 % sur la période, malgré une amélioration au troisième trimestre. La division poursuit le développement de ses gammes, notamment avec Barénia Pleine Fleur et Ginseng Biloba, ainsi que de nouveaux produits de soin des lèvres. L’horlogerie affiche, pour sa part, une baisse de 2 %. Hermès continue néanmoins d’y développer son offre, notamment avec la montre H08 Squelette, et prévoit d’accroître ses capacités de production au Noirmont d’ici à 2028.
Une croissance à suivre métier par métier
Les chiffres des neuf premiers mois montrent que les métiers d’Hermès ne contribuent pas tous de la même manière à la progression du groupe. La maroquinerie-sellerie affiche la hausse la plus élevée parmi les grandes divisions communiquées. La soie et les textiles bénéficient également d’une dynamique favorable. À l’inverse, l’habillement et les accessoires progressent plus lentement, tandis que la parfumerie-beauté et l’horlogerie restent en retrait sur l’ensemble de la période.
Cette hétérogénéité invite à distinguer la croissance globale de la performance de chaque activité. Elle ne suffit toutefois pas à mesurer la rentabilité respective des métiers, faute de données détaillées sur leurs marges dans les informations considérées ici.
La maison continue par ailleurs d’investir dans son offre et son outil industriel. Les nouvelles collections présentées en 2026, notamment dans le prêt-à-porter, ainsi que les développements dans les métiers de création, témoignent d’une activité qui ne se limite pas à la maroquinerie. Sur le plan opérationnel, les prochaines ouvertures d’ateliers doivent accompagner les besoins de production à moyen terme.
La fin de l’année 2026 se joue entre dynamique commerciale et effets de change
À l’issue du troisième trimestre, Hermès conserve une croissance positive sur l’ensemble de ses principales zones géographiques, à l’exception du Moyen-Orient, et confirme la solidité de la maroquinerie. Le groupe doit néanmoins composer avec une progression trimestrielle à taux constants moins rapide qu’au deuxième trimestre, une Grande Chine stable et un impact négatif des devises.
La direction maintient son objectif de croissance ambitieuse du chiffre d’affaires à moyen terme, à taux de change constants, tout en soulignant le contexte d’incertitude. Et les résultats du quatrième trimestre permettront de mesurer la capacité de la maison à prolonger sa dynamique commerciale sur la fin de 2026.
