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2025 a été une année noire pour Kering, avec des résultats financiers qui ont confirmé la nécessité du groupe de changer de modèle. Une baisse de chiffre d’affaires de -13%. Un résultat opérationnel courant en recul de -33%. Et pourtant, l’année 2026 pourrait bien être celle de la relance. Car l’année dernière, le groupe de luxe français a pris plusieurs décisions drastiques pour infléchir son orientation stratégique. L’arrivée de Luca de Meo à la tête du groupe a déjà insufflé un nouvel élan. La nouvelle allocation des forces créatives dans les différentes maisons devrait réactiver la désirabilité des maisons principales, comme Gucci et Balenciaga. La nouvelle Fashion Week doit donc prouver que ce potentiel de relance est bien tangible. Et qu’il ne s’agissait pas simplement d’un engouement passager.
Gucci
C’est le vaisseau amiral de Kering. Et aussi la maison qui a le plus perdu de terrain ces dernières années. L’impasse créative dans laquelle se trouve Gucci à tiré les résultats de Kering vers le bas. Et le mandat de Sabato de Sarno n’a pas réussi à offrir la stabilité dont la maison italienne avait besoin pour rassurer le marché.
En 2025, l’arrivée de Demna à la tête de Gucci a été vu comme un choix stratégique fort. Car Kering a placé son directeur artistique star dans sa maison la plus importante. La première collection présentée, baptisée La Famiglia, était encore prudente. Et, si elle a rendu hommage aux archives Gucci, elle n’a pas vraiment livré la vision de Demna. Cette saison, le créateur devra trouver le juste équilibre entre réassurance et audace. L’avenir de Kering se jouera principalement autour de Gucci.
Bottega Veneta
Petite maison, mais vraie locomotive. Alors que Gucci s’enfonçait dans la crise, Bottega Veneta n’a fait que monter en puissance depuis 2021. A tel point que la maison vénitienne est désormais l’une des plus dynamiques du portefeuille Kering. Le travail du cuir, la défense de l’artisanat, et un positionnement bien aligné avec les attentes de la clientèle Quiet Luxury ont fait le succès de la marque.
Après le mandat très réussi de Matthieu Blazy, Louise Trotter a désormais la charge de la direction artistique de Bottega Veneta. Après une première collection saluée fin 2025, elle doit poursuivre sur sa lancée. Et prouver que Bottega Veneta est effectivement le relais de croissance le plus fiable de Kering.
Saint Laurent
Pour cette Fashion Week, Saint Laurent ne défilera pas hors calendrier comme la maison a pu le faire précédemment. Un choix stratégique pour une maison qui se trouve à un tournant stratégique. Car Saint Laurent jouit plus que jamais d’une excellente notoriété… qui peine encore à se concrétiser dans le chiffre d’affaires dégagé par la maison. Et surtout, la forte dépendance de la maroquinerie (environ 70% du CA généré) impose de retrouver l’autorité sur le segment couture.
Depuis sa prise de poste, Antony Vaccarello a redynamisé la maison Saint Laurent. A tel point que la marque est désormais régulièrement dans le top 3 des indices de classement des maisons les plus désirables. Reste à concrétiser cette aura culturo-médiatique sur le terrain des ventes. En 2025, Saint Laurent a initié un nouveau chapitre stratégique avec la refonte de ses boutiques. Une nouvelle identité visuelle qui doit servir la performance retail. Et être mieux alignée avec les nouvelles collections.
Balenciaga
Après dix ans de mandat Demna, Balenciaga se trouve dans une position paradoxale. Une maisons de luxe avec une très forte pertinence culturelle. Mais qui n’a toujours pas réussi à stabiliser ses ventes. Pourtant la maison parisienne ne manque pas d’atouts. Et Kering a fait le pari de la doter d’un directeur artistique capable de tirer profit de son formidable potentiel.
Depuis l’année dernière, Pierpaolo Piccioli réactive le patrimoine Balenciaga. Le directeur artistique italien, habitué des grandes maisons, renoue avec un esprit couture plus conventionnel. Et donc plus à même de reconquérir une clientèle de luxe en perte de repères. Sa première collection, très largement saluée, vient tout juste d’arriver en boutiques début février. Ce second opus devra à la fois consolider le momentum Balenciaga, et démontrer qu’une proposition non clivante a encore sa place dans le paysage actuel du luxe.
McQueen
Il s’agit de la maison autour de laquelle l’incertitude est la plus grande, au sein du portefeuille Kering. Depuis le départ de Sarah Burton (bras droit du fondateur Alexander McQueen), la maison traverse une zone de turbulences. Ventes en berne, licenciements, audits demandés par Kering.
En 2026, McQueen pourrait toutefois créer la surprise. Car la maison dispose encore d’un fort capital crédibilité. Et elle reste une voix fortement singulière dans le paysage de la couture parisienne. Trop jeune pour être réellement patrimoniale. Assez de personnalité pour être une autorité créative incontournable. Son seul écueil ? Une certaine difficulté à lancer de nouveaux produits best-sellers. La nouvelle collection aura donc la charge de clarifier la proposition de McQueen pour relancer sa désirabilité.
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