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LVMH a terminé l’année 2025 avec des résultats financiers en demi-teinte. Le repli des ventes est bien là. Mais le groupe a mis l’année à profit pour renforcer sa discipline financière. Et en 2026, sa capacité d’investissements reste intacte. Un atout crucial car le groupe tricolore entend bien aiguiser l’esprit de conquête des maisons de son portefeuille. Louis Vuitton et Christian Dior ne peuvent pas soutenir seules la croissance des ventes. La Fashion Week automne-hiver 2026 met donc en lumière le rôle crucial de plusieurs « petites » maisons.
Fendi
Après avoir dirigé la maison Christian Dior, Maria Grazia Chiuri a quitté ses fonctions début 2025 pour laisser la place à Jonathan Anderson. Après plusieurs mois de spéculations, la directrice artistique a finalement été annoncée pour prendre la tête d’une autre maison LVMH : Fendi.
La maison italienne, longtemps dirigé par Karl Lagerfeld, est en quête d’un nouveau souffle. Ces dernières années, elle s’est beaucoup focalisée sur la relance de sa ligne de maroquinerie. Mais elle doit désormais retrouver son autorité sur le segment couture.
La première collection prêt-à-porter de Maria Grazia Chiuri sera donc un indicateur des ambitions portées par LVMH autour de l’une de ses maisons patrimoniales italiennes les plus importantes.
Christian Dior
Les premières collections de Jonathan Anderson chez Dior ont suscité l’engouement médiatique. Mais elles arrivent à peine en boutique. Et pour l’instant, la question de leur concrétisation sur le plan commercial reste donc en suspens.
L’exercice de la seconde collection de prêt-à-porter féminin doit donc consolider la position du directeur artistique irlandais à la tête de la maison parisienne. Quelques semaines seulement après la mise en vente de sa précédente collection, il doit désormais transformer l’essai.
Tout savoir sur les précédentes collection de Jonathan Anderson chez Dior :
- Dior Haute Couture Printemps-Eté 2026 : Jonathan Anderson réaffirme le soft power de la couture
- Dior Homme Hiver 2026 : Jonathan Anderson orchestre le choc des héritages
- Dior printemps-été 2026 : Jonathan Anderson peut-il réinventer sans trahir ?
Loewe
La réception de la première collection du nouveau duo créatif à la tête de Loewe a été mitigée l’année dernière. Les américains Jack McCollough et Lazaro Hernandez ont pris le risque de s’émanciper de l’héritage ludique de Jonathan Anderson. Et ils ont proposé un vestiaire plus pragmatique, avec un ancrage esthétique plus sobre et moins clivant.
Loewe, qui a connu une très forte croissance de ses ventes sous le mandat Anderson, doit désormais prouver qu’elle peut s’émanciper du créateur. Et que son autorité de marque ne dépend pas des cycles créatifs.
Givenchy
Elle fut la « prise de guerre » de LVMH face à Kering. Annoncée dès septembre 2024 à la tête de Givenchy, l’ancienne directrice artistique de la maison McQueen renoue avec l’héritage de son mentor, puisqu’Alexander McQueen avait dirigé Givenchy de 1996 à 2001.
La feuille de route de Sarah Burton dans la maison parisienne ? Insuffler plus de dynamisme et renouer avec la pertinence culturelle, dans une maison désormais dans l’ombre de Dior et Loewe.
En amont du défilé, la styliste britannique a présenté son première modèle de maroquinerie pour Givenchy : le Snatch. Un modèle inspiré du design d’un soutien-gorge cuir présenté lors de sa première collection printemps-été pour Givenchy.
Celine
Y a-t-il une vie pour Celine après le reboot insufflé par Hedi Slimane ? Depuis le début de son mandat en 2025, Michael Rider tente l’impossible : réconcilier le minimalisme de Phoebe Philo avec l’esprit moderne d’Hedi Slimane.
Un exercice d’équilibre qui doit permettre à Celine de conserver son élan commercial des dernières années. Avec un second enjeu : dépasser le stricte cadre identitaire parisien pour s’imposer comme une maison d’envergure internationale.
Plus d’informations sur la nouvelle ère Celine :
- Celine printemps-été 2026 : Michael Rider questionne le chic parisien
- Celine ouvre un flagship stratégique à Milan
- Celine : Hedi Slimane relance le débat sur la propriété intellectuelle dans la mode
Louis Vuitton
Elle reste la maison phare du groupe LVMH. Celle qui rapporte le plus gros chiffre d’affaires au sein de la division Mode & Accessoires. Pour autant, même Louis Vuitton doit réaffirmer son leadership. Et la maison doit prouver qu’elle n’a rien à envier au grand reboot créatif de 2025. Car Nicolas Ghesquière dirige les collections Femmes de Vuitton depuis maintenant 2013. Un mandat étonnement long dans le paysage du luxe actuel, alors que les directeurs artistiques se succèdent avec frénésie.
Cette longévité devrait, cette année encore, être un avantage pour la maison Vuitton qui continue de consolider un vestiaire à l’esprit parisien mais cosmopolite.
Patou
La maison Patou sera la grande absente de cette Fashion Week de Paris. Son directeur artistique, Guillaume Henry, a été remercié en janvier dernier. Et la maison n’a pas encore annoncé sa succession.
