Philippe Blondiaux, directeur financier monde de la maison, a déclaré que la crise aura un impact sur Chanel pour au moins 18 mois. Et il ne prévoit donc pas de retour à la normale pour Chanel avant l’automne 2021.
Une assertion qui fait suite à l’annonce par la maison française de ses résultats 2019. Ceux-ci disent la bonne santé de la marque avant la pandémie : son chiffre d’affaires s’élève pour l’année passée à 12,27 milliards de dollars, en hausse de 13%.
Suite au décès de Karl Lagerfeld et à l’arrivée de Virginie Viard à la direction créative, Chanel a réalisé un exercice exceptionnel, avec une croissance de 28% du prêt-à-porter. Le bénéfice total de la firme, à 3,49 milliards de dollars en 2019, témoigne d’une hausse de 16,6% par rapport à 2018. Le succès de la marque a été significatif dans tous les marchés et les secteurs. C’est en Asie-Pacifique que les ventes ont été les plus profitables, avec une augmentation de 14,7% du chiffre d’affaires dans la zone.
Philippe Blondiaux, dans son annonce des résultats, n’a pas oublié d’indiquer que le futur serait plus contrasté pour le secteur du luxe. La marque s’attend à une baisse à deux chiffres de ses ventes en 2020. Elle continuera cependant de s’appuyer sur son réseau de boutiques et non sur Internet pour la commercialisation du prêt-à-porter et des accessoires. Chanel devrait ainsi consolider son activité pour relancer sa conquête en 2021.
Même si l’entreprise dispose d’un trésor de guerre perçu avant le confinement (282 millions d’euros de trésorerie dus à d’excellentes ventes en fin d’année), elle entend gérer du mieux possible la suite, en reportant des projets, en gelant les recrutements non essentiels, sans pour autant baisser ses investissements globaux.