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Valentino Garavani, le fondateur de la maison éponyme, est décédé ce lundi dans sa résidence de Rome. Le nom du couturier reste associé à l’élégance intemporelle et à la construction d’une marque devenue un acteur central du luxe contemporain. Retour sur sa carrière.
Un Italien à Paris
Originaire du nord de l’Italie, Valentino Garavani n’a que 17 ans lorsqu’il entame sa formation à la Chambre Syndicale de la Couture parisienne. Il s’agit alors de l’une des institutions les plus exigeantes. Et c’est là que le jeune couturier fait son apprentissage. Il rejoint notamment la maison Guy Laroche où il s’initie aux techniques rares de la couture parisienne.
Pourtant, c’est bien en Italie que le couturier écrit ensuite sa propre histoire. En 1960, il s’associe à Giancarlo Giammetti pour fonder la maison Valentino à Rome. L’année suivante, il présente sa première collection au Palazzo Pitti de Florence. Un défilé qui reçoit immédiatement l’attention de la presse internationale.
Rapidement, Valentino instaure l’iconographie de sa maison. A l’instar de Chanel avec son beige, il revendique sa propre couleur signature. Le Rosso Valentino devient un élément identitaire de la jeune marque. Une couleur vibrante qui perdure encore aujourd’hui dans les collections de la maison.
Positionnement stratégique auprès des figures médiatiques
Dès le début, Valentino impose son style auprès de figures influentes : royautés européennes, premières dames américaines et stars de Hollywood figurent parmi ses clientes régulières. C’est notamment Valentino qui signe la robe de mariée de Jacqueline Kennedy pour ses noces avec Aristotle Onassis.
Ce positionnement auprès des clientèles hautement visible est un levier de croissance. Il construit l’autorité de la marque à l’international. Et Valentino devient rapidement un symbole de statut social. Une réussite rare pour une maison encore relativement jeune à l’époque.
Valentino : la marque de luxe devenue empire
Au fil des années, la maison de couture devient une entreprise prospère, et même un véritable groupe. Dès les années 1960, Valentino ouvre des boutiques à Milan, New York et dans d’autres capitales mondiales. En 1969, la première ligne de prêt-à-porter voit le jour. Elle installe un peu plus la marque dans le paysage économique du luxe.
La croissance se poursuit pendant plusieurs décennies, alimentée par l’introduction d’accessoires, de parfums et des collections masculines. En 1998, Valentino Garavani et Giancarlo Giammetti vendent la maison pour environ 300 millions de dollars. Une somme considérable qui illustre bien la maturité commerciale atteinte par la marque.
La marque Valentino est par la suite revendue à plusieurs reprises. Jusqu’à entrer, en 2012, dans le giron du groupe d’investissements Mayhoola. Le fonds qatarien, propriétaire actuel de la maison a signé un accord avec Kering en 2023. Le groupe français a déjà acquis 30% de Valentino, avec une option d’achat totale d’ici 2028.
L’héritage de Valentino Garavani
Aujourd’hui, la maison Valentino est présente dans plus de 90 pays. Et son chiffre d’affaires annuel est supérieur à 1,3 milliard d’euros. Le rachat par Kering devrait assurer à la marque de conserver son ADN de maison européenne. C’est d’ailleurs un créateur italien, Alessandro Michele, qui dirige les collections depuis 2024.
Valentino Garavani laisse derrière lui une maison devenue l’un des principaux acteurs du luxe contemporain. Non seulement par son design, mais aussi par sa capacité à transformer une vision artistiques en entreprise pérenne. Une rare conjonction qui explique l’impact durable qui a été le sien sur le monde de la mode.
