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Pour sa deuxième collection à la tête de Bottega Veneta, Louise Trotter avance avec méthode. Dans un contexte où le plan ReconKering pousse chaque maison à devenir contributrice significative, cette saison automne-hiver 2026 dépasse la simple proposition stylistique. Et elle interroge la fonction même de la marque dans l’équilibre du groupe.
Louise Trotter confirme une prise de mandat sans fausse note
Le défilé automne-hiver 2026 est le second présenté par Louise Trotter depuis sa prise de poste à la tête de Bottega Veneta. Après une première collection très saluée en septembre dernier, la créatrice se devait d’affirmer son propos et de prouver sa capacité à s’inscrire dans la durée.
De fait, cette nouvelle collection démontre la cohérence de la vison de Bottega Veneta par Louise Trotter. Elle présente des silhouettes qui s’étirent et qui côtoient des volumes généreux. Et elle confirme son attachement à travailler la richesse des matières. Le jeu sur les textures organiques installe notamment une sensualité sans ostentation. Ce qui est devenu l’un des éléments les plus reconnaissables de l’ADN Bottega Veneta.

Bottega Veneta : un luxe introspectif, mais pas cérébral
La force de la collection réside dans sa capacité à entrer en résonnance avec les attentes du marché du luxe 2026. En effet, dans un paysage culturel dominé par l’incertitude, Louise Trotter ne cherche ni la mode spectaculaire ni la couture trop cérébrale. Elle préfère aborder le vestiaire Bottega Veneta comme une marque refuge, avec une dimension quasi introspective. Et sa réinterprétation de l’Intercciato historique de la maison vise notamment à conserver la pertinence de cet élément esthétique au-delà des cyclés de tendances. Mais de manière plus subtile et plus réfléchie, moins assertive. Une manière, aussi, de réaffirmer la position de Bottega Veneta comme l’une des maisons patrimoniales de premier plan dans le luxe italien.
Ce positionnement renforce la cohérence de la maison vénitienne. Car il s’agit d’une marque qui s’intéresse à l’individu plutôt qu’au regard social. Autrement dit, une maison de luxe qui refuse d’être réduite à une proposition purement statutaire. Et cette stratégie s’avère d’autant plus pertinente qu’elle souligne aussi la singularité de Bottega Veneta dans l’écosystème de Kering, son propriétaire.

Une pièce du puzzle ReconKering
Car au-delà du style, l’enjeu est d’abord structurel. Face à Gucci, Saint Laurent et Balenciaga, Bottega Veneta doit clarifier son rôle. Et cette collection souligne la capacité de la « petite » maison à devenir un pilier de stabilité durable à l’intérieur du portefeuille Kering.
Là où d’autres maisons créent un désir instantané, Bottega Veneta peut construire sur la fidélité qui lui est acquise depuis le mandat de Matthieu Blazy. Et la maison jouit désormais d’une place prépondérante dans le paysage de la couture actuelle. Une maison historiquement ancrée dans la maroquinerie, qui a pleinement réussi sa transposition sur le territoire du vêtement. En ceci, la collection automne-hiver 2026 joue donc un rôle de consolidation.
Une bonne nouvelle pour Luca de Meo, le CEO de Kering, qui présentera son plan de relance Reconkering au printemps. Et l’on sait déjà que l’un des axes stratégiques sera précisément de faire reposer la croissance sur toutes les maisons du groupe. Et non plus seulement sur le vaisseau amiral Gucci.
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