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La Fashion Week de New York commence demain, jeudi 10 septembre 2026. Et cette nouvelle édition s’annonce d’ores et déjà différente des précédentes. Car après une année 2025 totalement éclipsée par Paris et Milan, alors en plein renouveau créatif, c’est au tour de New York de capter la curiosité du marché mondial du luxe. La raison ? Ralph Lauren continue d’enregistrer une forte croissance. Coach effectue une relance spectaculaire. Et d’autres marques connaissent elles aussi un regain de désirabilité, à l’instar de Marc Jacobs, qui a désormais quitté le giron de LVMH. Plus important encore, les marques américaines bénéficient d’un véritable retour en grâce de la part de la clientèle aspirationnelle dont les maisons européennes se sont détournées ces dernières années.
New York Fashion de septembre 2026 : une édition qui sort de l’ombre de l’Europe
C’est un paradoxe qui n’est pas nouveau. Alors que la presse magazine de mode prescriptrice est basée à New York, la ville peine depuis longtemps à gagner ses galons dans le calendrier du Fashion Month. En cause ? L’hégémonie culturelle des maisons européennes bien sûr, avec Paris comme centre de gravité et Milan pour dauphine. Mais New York a aussi rencontré des difficultés à conserver ses talents. En effet, ces dernières années plusieurs marques à succès ont fini par migrer vers Paris pour présenter leurs collections. Ce fut notamment le cas pour The Row.
Toutefois, l’édition de septembre 2026 marque un regain d’intérêt autour de la Fashion Week de New York. Et cet engouement se structure autour des marques premium américaines, dont plusieurs semblent désormais défier la réalité économique du luxe. Car alors que les grands groupes de luxe européens comme LVMH et Kering, affichent des croissances modestes, des acteurs américains, eux, affichent une croissance enviable. C’est notamment le cas de Ralph Lauren. Ainsi, en août dernier, la marque a publié les résultats de son dernier trimestre avec un chiffre d’affaires de 1,96 milliard de dollars. Soir +5,95% par rapport aux prévisions. Et avant cela, l’entreprise américaine avait bouclé son exercice annuel au printemps 2026 en franchissant pour la première fois de son histoire la barre des 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
Ralph Lauren n’est pas le seul acteur de la mode premium US à voir ses résultats financiers progresser ainsi. Le groupe Tapestry (Coach, Kate Spade, Stuart Weitzman) est également en phase ascendante. En août dernier, il a publié ses résultats financiers pour l’exercice annuel complet de 2026 avec un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars. Une réussite principalement portée par la marque Coach, qui a rapporté à elle seule 1,6 milliard de dollars sur le 4ème trimestre fiscal 2026. Au global sur l’année, Coach a vu son chiffre d’affaires bondir de +24% pour atteindre 6,9 milliards de dollars.
Retour de la désirabilité et nouveaux talents
Dans l’écosystème des marques premium américaines, Ralph Lauren et Coach sont désormais deux piliers solidement installés. La clé du succès ? Avoir cultivé leur rayonnement dans la durée, mais aussi avec un opportunisme commercial bien dosé. Ainsi, pendant que les maisons de luxe européennes augmentaient leurs tarifs ces dernières années, les marques premium américaines ont conservé la même stratégie de pricing. Une continuité qui semble aujourd’hui porter ses fruits auprès d’une clientèle aspirationnelle prête à se laisser séduire par les marques patrimoniales américaines. Des marques qui ont su habilement mettre en scène leur héritage et leur savoir-faire via les nombreuses campagnes de ces dernières années.
Pourtant, la Fashion Week de New York ne se limite pas à ces blockbusters de la mode. Et le regain d’attention se structure aussi autour d’acteurs plus secondaires sur le plan financiers, mais plus dynamiques sur le plan créatif. Avec déjà trois défilés derrière elle, la créatrice Veronica Leoni, en charge de Calvin Klein, n’est plus un nouveau visage. Elle participe toutefois au nouvel élan créatif qui traverse New York en revisitant l’héritage de l’une des marques de mode les plus visibles sur le marché américain.
L’édition 2026 de la Fashion Week de New York sera aussi marquée par de nouveaux venus. A commencer par les début de Henry Zankov, désormais directeur artistique de la marque Diane von Fürstenberg. Il présentera cette semaine son premier défilé pour l’une des griffes les plus reconnaissables de la mode d’outre-Atlantique.
L’autre grand rendez-vous sera le lancement officiel de Vivet, la marque de Kai Cenat. Avec plusieurs millions d’abonnés, il est l’un des streamers les plus suivis au monde. Et pour se lancer dans la mode, il a ouvertement choisi d’adopter une démarche ultra premium. Après s’être installé et formé en Italie, il a supervisé ces derniers mois la production de sa première collection de denim dans des ateliers haut de gamme. Pour la jeune marque, le défi sera de construire sa légitimité. Mais pour la Fashion Week de New York, cet évènement s’avère d’ores et déjà profitable puisque le premier défilé de Vivet devrait entraîner une large couverture social media.
Les nouveaux talents de la mode américaine désormais plébiscités par l’Europe
Ces dernières années, les succès conjugués de The Row, Mike Amiri ou encore Willy Chavarria ont semblé appauvrir le vivier des talents américains. Dès qu’un créateur ou une marque américaine rencontrait le succès, elle se relocalisait à Paris ou Milan pour présenter ses collections et consolider sa légitimité. Mais cet essor des créateurs américains a aussi entraîné un regain de curiosité à l’égard des jeunes talents de la mode américaine.
Fin août, Zane Li, le fondateur du label Lii basé à New York, a ainsi remporté le Prix Karl Lagerfeld, décerné par LVMH et accompagné d’une dotation de 200 000 euros ainsi que d’un mentorat d’un an au sein du groupe. Autre signal important : c’est au duo de créateurs de Proenza Schouler que LVMH a fait appel pour succéder à Jonathan Anderson à la direction artistique de la maison Loewe.
Plus de pertinence culturelle, une approche plus pragmatique de la couture et une lecture moins statutaire du vestiaire. Autant d’atouts qui expliquent la performance actuelle des marques américaines. Et dont le luxe européen semble désormais vouloir s’inspirer, dans une certaine mesure du moins.
