|
|
|
|
Présentée le 17 janvier 2026 à Milan, la collection Homme hiver 2026 de Dolce & Gabbana s’impose comme une prise de position forte dans un paysage du luxe masculin dominé par la retenue et le minimalisme. À travers un vestiaire puissant, charnel et théâtral, la maison italienne revendique un luxe de présence et de désir, assumant une stratégie de différenciation radicale.
Un défilé construit comme un théâtre du pouvoir masculin
Dès les premiers passages, le ton est donné. Silhouettes enveloppées dans des manteaux de fourrure spectaculaires. Volumes protecteurs aux matières lourdes, presque architecturales. Dolce & Gabbana travaille ici la notion de corps souverain, tantôt dissimulé sous des couches épaisses, tantôt exposé frontalement.
Les manteaux oversize s’ouvrent sur des torses nus, des mailles transparentes ou des chemises portées sans cravate. Et ce contraste instaure une tension constante entre autorité et vulnérabilité. Les pantalons, amples mais coupés avec précision, rappellent le tailoring italien classique. Mais tout en affirmant une modernité de proportions.
La palette chromatique reste volontairement sobre mais profonde. Une déclinaison de noirs, gris anthracite, bruns sombres, ponctués de blancs lumineux et de quelques touches plus vibrantes. Ce choix renforce l’idée d’un luxe nocturne, urbain et presque cinématographique.

Le corps comme langage central de la collection
Chez Dolce & Gabbana, le vêtement n’existe jamais indépendamment du corps. Et cette collection hiver 2026 le confirme avec force. Le corps masculin est le véritable sujet du défilé.
Les pulls en maille fine, portés à même la peau, les vestes ouvertes, les pantalons taille haute soulignant la silhouette. Ce sont autant d’éléments qui traduisent une vision très italienne de la masculinité. Elle évoque un imaginaire sensuel, affirmé, non édulcoré.
Dolce & Gabbana assure une esthétique à contre-courant des tendances actuelles de neutralisation du genre et d’effacement du corps. La maison italienne assume un vestiaire où le désir et la domination symbolique font partie intégrante du luxe. Cette approche n’est ni ironique ni nostalgique. Mais elle s’inscrit dans une continuité assumée de l’ADN de la maison. On remarquera toutefois que cet ADN est ici réactualisé par des volumes contemporains et une mise en scène épurée.

Une fidélité assumée à l’ADN Dolce & Gabbana
Là où de nombreuses maisons adaptent leur discours aux injonctions du moment, Dolce & Gabbana choisit la constance. Il n’est pas question ici de durabilité, de quiet luxury ou d’effacement de la signature pour plaire à une audience adepte du « no logo ». La collection hiver 2026 ne cherche pas à se réinventer, mais plutôt à resserrer son identité.
On y retrouve le tailoring italien comme élément structurant du vestiaire. Ensuite un certain goût pour la théâtralité. Et la vision du luxe comme affirmation sociale autant qu’esthétique. Pour le résumer : une masculinité assumée, parfois clivante, mais toujours clairement visible. Ce choix n’est pas conservateur : il est stratégique. Dans un marché saturé de propositions esthétiquement souvent trop proches, la maison italienne continue de revendiquer sa singularité.

Enjeux stratégiques : Dolce & Gabbana face au luxe masculin de 2026
Le luxe masculin de 2026 est marqué par une tension croissante entre discrétion statutaire et expression identitaire. D’un côté, un quiet luxury de l’épure porté par des maisons prônant la neutralité, la longévité et l’effacement. De l’autre, une demande persistante, bien que plus segmentée, pour un luxe visible, expressif et même émotionnel.
Dolce & Gabbana se positionne clairement dans ce second registre. Cette collection répond donc à plusieurs enjeux stratégiques majeurs. Elle a vocation à fidéliser la clientèle actuelle de la maison. Une clientèle attachée au luxe démonstratif et statutaire. La collection Homme Hiver 2026 doit aussi permettre de capitaliser sur des marchés clés (Moyen-Orient, Europe du Sud) dans lesquels la puissance symbolique du vêtement reste un argument de vente. Enfin, elle offre une alternative claire face à l’uniformisation esthétique du menswear haut de gamme.
Le risque est assumé. Celui de ne pas séduire un public plus jeune ou plus sensible aux discours culturels actuels. Mais la contrepartie est une identité forte, cohérente et immédiatement reconnaissable.
A lire aussi :
