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L’année 2025 a été marquée par un grand reset créatif et une recomposition sans précédent des directions artistiques. Désormais, le luxe aborde 2026 avec un autre chantier stratégique : celui de la gouvernance. Chez LVMH, plusieurs nominations récentes dessinent une nouvelle architecture du pouvoir. Et l’enjeu n’est plus d’attirer le désir, mais de l’orchestrer durablement. Derrière ces mouvements, une nouvelle lecture s’impose. La valeur du luxe se joue désormais autant dans les coulisses que sur les podiums.
Pietro Beccari : un CEO groupe qui reste aux commandes de Louis Vuitton
Fin 2025, LVMH a annoncé un changement majeur à la tête de son pôle mode. Pietro Beccari est nommé CEO du groupe, succédant à Sidney Toledano. Avec une particularité : il conserve en parallèle son nouveau poste.
Ce double rôle n’est pas anodin. Beccari dirige aujourd’hui la première marque de luxe mondiale, moteur économique du groupe. Tout en supervisant désormais l’ensemble de l’activité de LVMH. Ce choix traduit une volonté claire. Il faut aligner la vision stratégique du groupe avec l’exécution opérationnelle de sa marque la plus performante.
LVMH opte ici pour un modèle de gouvernance resserré, fondé sur la maîtrise du terrain. Dans un contexte où la croissance ralentit et où les arbitrages deviennent plus fins, le groupe privilégie un profil capable de piloter simultanément création, retail, image et performance. Et ce n’est pas le seul changement interne.
Givenchy : Amandine Ohayon pour stabiliser l’après-transition
Le 8 janvier 2026, LVMH a annoncé la nomination d’Amandine Ohayon comme nouvelle CEO de Givenchy. Sa prise de poste est effective au 9 janvier. Et elle remplacera Alessandro Valenti.
Cette nomination intervient alors que Givenchy entre dans une nouvelle phase, après une période de transition organisationnelle et créative. L’arrivée récente de Sarah Burton à la direction artistique impose un cadre managérial solide. Et l’enjeu est désormais de transformer une vision créative en dynamique commerciale durable.
Le profil d’Amandine Ohayon est révélateur : leadership inclusif, expertise retail, capacité à collaborer avec les talents créatifs. LVMH ne cherche pas un redresseur spectaculaire, mais une dirigeante capable de sécuriser l’exécution. Elle aura aussi pour tâche créer de la cohérence interne dans une maison historiquement complexe.
Alessandro Valenti : du redressement de Givenchy à l’accélération de Dior
Dans le même mouvement, Alessandro Valenti est nommé Deputy Managing Director en charge des activités commerciales de Christian Dior Couture, à compter du 12 janvier 2026.
Ce déplacement interne illustre une constante chez LVMH. Car les profils qui ont fait leurs preuves en phase de transition sont repositionnés là où l’exécution devient critique. Ainsi, après avoir contribué à restructurer Givenchy, Valenti est envoyé chez Dior. Certes, la maison est déjà très performante. Mais elle est aussi confrontée à des enjeux d’intensification retail, digitale et omnicanale. De plus, le changement créatif de 2025 a été radical puisque Jonathan Anderson dirige désormais toutes les collections couture de la maison. Et Dior va devoir concrétiser cette nouvelle vision dans sa stratégie business.
Bulgari : Laura Burdese, une succession préparée de longue date
Fin décembre 2025, LVMH avait aussi annoncé la nomination de Laura Burdese comme CEO de Bulgari. Cette prise de poste sera effective à compter du 1er juillet 2026. Laura Birdese succède à Jean-Christophe Babin, qui a dirigé la maison romaine pendant près de douze ans.
Cette succession s’inscrit dans un temps long. Entrée chez LVMH il y a près de dix ans, Laura Burdese a dirigé Acqua di Parma. Par la suite, elle a rejoint Bulgari comme Chief Marketing Officer en 2022. Et en 2024, elle a été promue Deputy CEO de la maison de joaillerie. Sa nomination consacre donc une trajectoire interne et une connaissance fine de la marque.
Jean-Christophe Babin, de son côté, ne quitte pas l’écosystème. En effet, il conserve la présidence du conseil, la direction des hôtels Bulgari et la présidence de la fondation. La continuité est donc bien réelle. Dans un segment aussi statutaire que la haute joaillerie, LVMH fait le choix de la stabilité.
Ce que ces nominations disent du luxe en 2026
Pris ensemble, ces mouvements dessinent une nouvelle hiérarchie des priorités. Après avoir investi massivement dans la création, LVMH concentre désormais son attention sur la gouvernance. Et celle-ci s’incarne dans la circulation des talents et la qualité de l’exécution.
Le groupe affirme une conviction forte. Dans un marché plus exigeant, la valeur se crée moins dans la rupture que dans la maîtrise. Maîtrise des organisations, des temps longs, des écosystèmes humains.
En 2026, le luxe ne cherche plus seulement à faire rêver. Il cherche à durer.
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