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L’année 2025 a augmenté la pression commercial sur le segment du luxe. Et si les grandes maisons résistent bien, la réalité financière est plus délicate pour les marques premium. Chaque année, au moment du Black Friday, une question revient : comment distinguer une marque de luxe d’une marque premium ? Les critères sont évidemment nombreux : la dimension patrimoniale, le savoir-faire, la qualité des matières… Mais un révélateur bien plus simple s’impose dans le domaine du haut de gamme : la mécanique promotionnelle du Black Friday.
Un luxe qui ne cède jamais à la promotion
Quel est le point commun entre Hermès, Chanel ou Dior ? Ces maisons ne participent jamais aux promotions massives. Pourquoi ? Parce que leur modèle économique repose sur la rareté et la désirabilité. Produire en quantité limitée et maintenir des prix stables sont des leviers qui alimentent à la fois l’exclusivité et le désir des clients.
Dans ce contexte, les promotions n’ont aucune utilité. Et le Black Friday est un non évènement pour les maisons de luxe. Car leur clientèle n’achète pas en quête d’une bonne affaire. Mais pour accéder à un produit qui incarne un statut. Le luxe ne refuse donc pas la promotion par principe. Mais il n’en a tout simplement pas besoin.
Les marques premium face à l’heure du choix
À l’inverse, les marques premium vivent une tension permanente entre désirabilité et volume. Leur modèle économique dépend souvent de la capacité à écouler des volumes significatifs tout en conservant un positionnement haut de gamme. Le Black Friday devient alors un moment clé et problématique de leur stratégie commerciale. Il se résume à une question cruciale : y céder ou pas ?
Encore cette année, le Black Friday a entraîné dans son sillage plusieurs marques premium :
- Michael Kors et Coach : sur le marché américain, ces marques se positionnent comme premium-luxe. Mais leurs clients sont habitués aux remises de l’ordre de -30 %. La promotion est devenue un levier quasi obligatoire pour soutenir le chiffre d’affaires.
- Dyson : une marque haut de gamme dans le secteur de la beauty tech. Llle reste désirable, mais doit régulièrement activer ses campagnes promotionnelles pour faire face à une concurrence très agressive.
- Natasha Denona : cette marque beauté, reconnue pour la qualité et le prestige de ses palettes de fards, se voit contrainte de proposer des rabais ponctuels de -20 % pour stimuler les ventes, même sur ses produits phares.
Désirabilité ou promotion : toutes les marques n’ont pas le luxe de refuser le Black Friday
Ces exemples illustrent une réalité souvent passée sous silence. Le Black Friday n’est pas un simple évènement commercial. Mais il est aussi le révélateur du modèle économique des marques haut de gamme.
Pour les marques premium, la participation au Black Friday est une question de survie commerciale. Mais elle pose la question d’un modèle qui n’est pas assez solide sur les fondamentaux de la désirabilité et de la rareté.
À l’inverse, pour les marques de luxe, c’est le moment qui permet de réaffirmer leur singularité. Dans un paysage économique saturé de promotions, leurs produits ne se bradent pas car leur valeur perçue est parfaitement alignée sur leur tarif.
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