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Le savoir-faire horloger franco-suisse et la mécanique d’art viennent d’être inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par UNESCO. Cette décision consacre un ensemble de métiers techniques et artisanaux qui structurent historiquement l’industrie horlogère entre la Suisse et la France, notamment dans l’Arc jurassien.
Au-delà d’une reconnaissance symbolique, cette inscription souligne l’importance culturelle, économique et industrielle d’un secteur qui combine sciences, artisanat et innovation. Elle met également en lumière un patrimoine partagé entre plusieurs territoires, de Genève à Besançon.
Un patrimoine horloger partagé entre la Suisse et la France
L’inscription concerne un vaste espace transfrontalier souvent qualifié d’« arc horloger ». Ce territoire s’étend de Genève à Schaffhouse, en passant par Bienne et Besançon, jusqu’à Sainte‑Croix dans le massif du Jura.
Dans cet espace industriel et culturel, une diversité d’acteurs contribue à préserver et transmettre les compétences horlogères : artisans, manufactures, écoles spécialisées, musées ou encore associations professionnelles. Ensemble, ils participent à la continuité de techniques qui combinent précision mécanique, savoir-faire manuel et innovation technologique.
La candidature, déposée en mars 2019 par la Suisse en collaboration avec la France, a été saluée par l’UNESCO comme un exemple de valorisation d’un patrimoine culturel partagé entre deux pays. Cette reconnaissance souligne la dimension collective de la transmission des savoirs et l’importance de ces métiers dans l’identité économique et culturelle de la région.
Un écosystème artisanal au cœur de l’industrie horlogère
Le savoir-faire horloger franco-suisse repose sur une large palette de métiers spécialisés. Parmi eux figurent les émailleurs, micromécaniciens, polisseurs ou sertisseurs, qui interviennent à différentes étapes de fabrication. L’horloger assemble ensuite les composants, installe cadran et aiguilles, et réalise les réglages nécessaires au fonctionnement du mécanisme.
La mécanique d’art constitue une extension de ces compétences. Elle comprend notamment la fabrication d’automates et de boîtes à musique, deux disciplines historiquement liées aux techniques horlogères.
L’importance économique du secteur demeure considérable. En Suisse, l’horlogerie emploie environ 57 500 personnes selon la Convention patronale de l’industrie horlogère. Le secteur représente également l’un des piliers de l’économie nationale : les exportations horlogères suisses ont atteint 21,7 milliards de francs suisses en 2019.
Les origines historiques de cette industrie remontent au XVIᵉ siècle. L’horlogerie s’est notamment développée à Genève lorsque des artisans joailliers et orfèvres, contraints par les réformes religieuses de se détourner des objets décoratifs, ont orienté leur savoir-faire vers la fabrication de montres.
Aujourd’hui, la reconnaissance par l’UNESCO rappelle que ces compétences artisanales restent au cœur de l’identité et de la compétitivité de l’horlogerie européenne.
