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Comme une grande partie du secteur du luxe, Moncler subit de plein fouet les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. La marque italienne, très exposée au marché asiatique, enregistre une chute brutale de la fréquentation de ses points de vente, en particulier en Chine continentale.
Une exposition forte au marché asiatique
Moncler a communiqué sur une baisse d’environ 80 % de la fréquentation de ses magasins en Chine au cours des dernières semaines. Une contraction spectaculaire, qui concerne non seulement la Chine continentale, mais aussi d’autres zones stratégiques pour la marque, comme Hong Kong, Macao et la Corée du Sud.
Dans un communiqué officiel, la maison souligne que l’épidémie a un impact direct sur la fréquentation des centres commerciaux dans lesquels elle est implantée, mais aussi sur le tourisme chinois à l’échelle mondiale. Un point clé, car une part significative des ventes de Moncler repose sur une clientèle internationale, fortement mobile et très sensible aux restrictions de déplacement.
Cette situation met en lumière un enjeu structurel pour le secteur du luxe : la dépendance au marché asiatique. En 2019, l’Asie représentait environ 44 % du chiffre d’affaires de Moncler. Une dynamique très favorable en temps normal, mais qui devient un facteur de vulnérabilité en période de crise sanitaire mondiale.
Des fondamentaux financiers encore solides
Si l’impact opérationnel est indéniable, Moncler aborde néanmoins cette période avec des bases financières relativement robustes. Les derniers résultats publiés par la marque avant l’épidémie faisaient état de performances solides, tant en termes de croissance que de rentabilité.
Les effets du coronavirus devraient toutefois se refléter dans les prochains comptes, avec un ralentissement mécanique du chiffre d’affaires. Conscient de cet environnement incertain, Remo Ruffini, PDG de Moncler, se veut rassurant. Il insiste sur la capacité du groupe à réagir rapidement face à des situations exceptionnelles, en s’appuyant sur un modèle agile et une organisation flexible.
Des mesures ont d’ores et déjà été mises en place afin de contenir l’impact financier : ajustement des coûts, priorisation des investissements et pilotage fin des stocks. Autant de leviers classiques, mais essentiels pour préserver les marges dans un contexte de baisse d’activité.
Une résilience saluée par les analystes
Les analystes financiers partagent globalement cette lecture mesurée de la situation. Selon l’agence Equita, Moncler estime être en mesure de protéger ses marges, situées autour de 34 à 35 %, jusqu’à une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 100 millions d’euros.
Equita souligne également que la très bonne fin d’année 2019, combinée à la flexibilité opérationnelle de l’entreprise, devrait permettre à Moncler de mieux résister que d’autres acteurs du luxe face aux perturbations liées au coronavirus.
Plus largement, cette séquence agit comme un test grandeur nature pour les marques premium : capacité d’adaptation, solidité financière et rapidité décisionnelle deviennent des critères clés de différenciation. Pour Moncler, l’enjeu ne sera pas seulement de traverser la crise, mais de confirmer, à moyen terme, la robustesse d’un modèle bâti sur une forte désirabilité produit et une maîtrise de la chaîne de valeur.
