Alors que plusieurs grandes maisons italiennes sont passées sous contrôle de groupes internationaux, Giorgio Armani réaffirme sa volonté de préserver l’indépendance de l’entreprise qu’il a fondée en 1975. Une position rare dans un secteur marqué par les opérations de fusion et d’acquisition.
À 84 ans, Giorgio Armani réitère son attachement à l’indépendance de la maison Armani. Dans un entretien accordé au média économique Milano Finanza, le créateur affirme avoir toujours refusé les propositions de rachat formulées au fil des années.
Pour Giorgio Armani, l’autonomie financière constitue une condition essentielle à la liberté créative. Cette philosophie a guidé le développement de son groupe depuis sa création en 1975 aux côtés de son associé et ami Sergio Galeotti. Depuis le décès de ce dernier en 1985, le styliste dirige seul l’entreprise.
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte concentration du secteur du luxe. Plusieurs maisons italiennes emblématiques ont rejoint des groupes internationaux au cours des deux dernières décennies. C’est notamment le cas de Gucci ou de Fendi. Plus récemment, Versace a été rachetée par Michael Kors Holdings.
Giorgio Armani reconnaît que ces évolutions reflètent les transformations d’un marché mondialisé. Toutefois, il estime que l’identité des marques doit être préservée, même lorsqu’elles intègrent des groupes internationaux. Selon lui, le principal risque apparaît lorsque les considérations financières prennent le pas sur la vision de marque et la création.
La question de la succession constitue également un enjeu majeur pour l’avenir du groupe. Afin d’assurer la pérennité de l’entreprise, Giorgio Armani a créé en 2016 une fondation destinée à encadrer la transmission de son patrimoine. Ce dispositif vise à préserver l’unité entre les héritiers tout en empêchant une éventuelle prise de contrôle externe ou un démantèlement du groupe.
Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de maintenir l’indépendance de la maison sur le long terme. Armani demeure aujourd’hui l’un des rares grands acteurs du luxe italien à ne pas appartenir à un conglomérat international.
En 2017, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 2,335 milliards d’euros. Malgré un recul de 7 % sur un an, il conserve une position de premier plan dans l’industrie du luxe, derrière Prada sur le marché italien.