EssilorLuxottica se retrouve au centre de l’attention de la Commission européenne suite à son offre de rachat sur le groupe GrandVision. Cette opération, évaluée à 7,2 milliards d’euros, soulève des questions sur la concurrence et la concentration dans le secteur de l’optique. La décision des autorités européennes de lancer une enquête illustre la vigilance accrue sur les fusions et acquisitions à forte portée stratégique.
Une offre contestée par Bruxelles
Le 6 février, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait examiner les conditions entourant l’offre d’EssilorLuxottica sur GrandVision. Le groupe franco-italien n’a pas fourni dans les délais les concessions demandées, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête approfondie. L’objectif est de vérifier si cette opération pourrait réduire la concurrence dans le marché européen de l’optique et affecter les consommateurs. La surveillance des concentrations dans ce secteur est particulièrement scrutée, compte tenu de la forte implantation d’EssilorLuxottica et de la taille mondiale de GrandVision.
Expansion stratégique et enjeux mondiaux
Créé par la fusion d’Essilor, leader français des verres optiques, et de Luxottica, lunetier italien, EssilorLuxottica poursuit une stratégie de consolidation internationale. Le groupe visait, avec cette acquisition, l’intégration de 7 000 points de vente répartis dans 40 pays. GrandVision, acteur néerlandais spécialisé dans l’optique, gère de nombreuses enseignes locales, dont Générale d’Optique, GrandOptical ou Solaris en France. La transaction aurait renforcé le réseau commercial mondial d’EssilorLuxottica et sa capacité à influencer le marché de détail et le prix des produits optiques.
Pour l’instant, EssilorLuxottica n’a fait aucun commentaire public sur l’enquête européenne. L’affaire met en lumière les tensions entre stratégie de croissance mondiale et régulation stricte de la concurrence, et illustre les défis rencontrés par les acteurs majeurs du secteur de l’optique dans leurs expansions internationales.