Face à la popularité croissante des applications d’analyse des cosmétiques, la Fédération des entreprises de la beauté appelle à une meilleure fiabilité des méthodes utilisées. L’organisation estime que certaines évaluations reposent sur des données incomplètes ou insuffisamment fondées scientifiquement.
La Fédération des entreprises de la beauté (Febea) a exprimé ses préoccupations concernant les applications mobiles dédiées à l’évaluation des produits cosmétiques. Dans un communiqué publié en octobre 2018, l’organisation professionnelle estime que plusieurs outils présentent des informations inexactes ou des méthodes d’analyse contestables.
Selon la fédération, certaines applications s’appuient sur des données obsolètes, partielles ou insuffisamment validées par la communauté scientifique. Elle considère également que les algorithmes utilisés pour attribuer des notes aux produits peuvent conduire à des interprétations erronées de la composition des cosmétiques.
Cette prise de position intervient alors que les consommateurs manifestent un intérêt croissant pour la composition des produits de beauté. Les questions liées aux perturbateurs endocriniens, aux nanoparticules ou encore à la transparence des ingrédients ont favorisé l’émergence de nombreux outils d’aide à l’achat.
Parmi les applications cosmétiques les plus populaires figure QuelCosmetic, développée par UFC-Que Choisir. Quelques mois après son lancement, l’application avait déjà dépassé les 800 000 téléchargements. D’autres acteurs se sont également positionnés sur ce marché, à l’image de INCI Beauty, Clean Beauty ou encore Cosmethics.
Le phénomène s’est accentué avec l’arrivée de Yuka sur le segment des cosmétiques. Initialement spécialisée dans l’évaluation des produits alimentaires, l’application a élargi son champ d’analyse aux produits de beauté, contribuant à démocratiser les outils de décryptage des ingrédients.
La Febea rappelle toutefois que les cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne sont soumis à un cadre réglementaire particulièrement strict. Selon l’organisation, la réglementation européenne figure parmi les plus exigeantes au monde en matière de sécurité des produits et de protection des consommateurs.
Dans ce contexte, la fédération souhaite ouvrir un dialogue avec les éditeurs d’applications. Elle propose la mise en place d’échanges autour des méthodologies d’évaluation afin d’améliorer la qualité de l’information diffusée aux consommateurs et de limiter les divergences d’interprétation entre les différentes plateformes.
Cette prise de parole illustre les tensions croissantes entre les acteurs de l’industrie cosmétique et les nouveaux outils numériques d’aide à la consommation, devenus des références pour une partie des acheteurs.