Le tribunal de commerce de Paris a rendu deux décisions favorables à Hedi Slimane dans le cadre du litige qui l’oppose depuis plusieurs années au groupe Kering. Les jugements portent sur une clause de non-concurrence et sur un pacte d’actionnaires conclu lorsque le créateur dirigeait la maison Yves Saint Laurent.
Le tribunal de commerce de Paris a débouté le groupe Kering dans deux procédures engagées contre Hedi Slimane, ancien directeur artistique de la maison Yves Saint Laurent. Ces décisions, rendues le 3 décembre, s’inscrivent dans un contentieux ouvert depuis le départ du créateur en 2016.
La première affaire concernait la clause de non-concurrence prévue dans le contrat liant Hedi Slimane à Yves Saint Laurent. En 2016, le tribunal avait déjà condamné Kering à verser 13 millions de dollars au créateur au titre de cette clause. Le groupe demandait désormais la restitution de cette somme.
Dans son jugement au fond, le tribunal a rejeté cette demande et confirmé le versement des 13 millions de dollars à la société californienne qui gère les droits commerciaux d’Hedi Slimane. Kering a également été condamné à verser 20 000 euros au styliste ainsi que 20 000 euros à sa société au titre des frais de procédure.
La seconde décision porte sur le pacte d’actionnaires signé en 2013 entre Kering et Hedi Slimane, alors actionnaire minoritaire de la maison Yves Saint Laurent. Cet accord lui garantissait notamment un droit d’information sur les comptes de l’entreprise.
À la suite du départ du créateur en 2016, Kering avait décidé de mettre fin à ce pacte. Une décision contestée par Hedi Slimane devant les tribunaux. Le tribunal de commerce de Paris a estimé que cette résiliation unilatérale était irrégulière et a jugé que le pacte d’actionnaires demeurait valide. Le groupe a également été condamné à verser 50 000 euros au titre des frais engagés.
Ni les représentants d’Hedi Slimane ni ceux de Kering n’ont souhaité commenter ces décisions.
Un troisième dossier judiciaire oppose toujours les deux parties. Il concerne la part variable de la rémunération d’Hedi Slimane pour sa dernière année de contrat chez Yves Saint Laurent. En 2018, Kering avait été condamné à lui verser 9,3 millions d’euros. Le groupe a depuis fait appel de cette décision.
Hedi Slimane a dirigé la création et l’image de la maison Yves Saint Laurent entre 2012 et 2016. Il avait dopé les performances de la griffe, faisant passer son chiffre d’affaires de 353 millions d’euros en 2011 à 974 millions en 2015. Depuis février 2018, il occupe les fonctions de directeur artistique de la maison Céline, propriété du groupe LVMH.