Prada Group adopte une position ferme sur l’éthique de sa chaîne d’approvisionnement. Depuis 2020, 222 fournisseurs ont été exclus après des audits révélant des manquements aux normes du travail. Cette décision illustre la pression croissante sur l’industrie du luxe pour assurer la transparence et la responsabilité sociale, tout en maintenant la compétitivité du Made in Italy.
Prada : des audits massifs chez les fournisseurs
Depuis trois ans, Prada Group a réalisé plus de 850 audits sur site auprès de ses fournisseurs et sous-traitants en Italie. Les inspections ont mis en lumière des violations du droit du travail et des standards internes du groupe. En conséquence, 222 contrats ont été résiliés.
Les fournisseurs concernés étaient principalement de petits ateliers et sous-traitants locaux. Certains présentaient des problèmes liés aux conditions de travail et au traitement des employés. Prada précise que ces mesures ne visent pas seulement la conformité légale, mais également la préservation de l’intégrité du label « Made in Italy ».
Aujourd’hui, le groupe collabore toujours avec environ 1 000 fournisseurs et sous-traitants situés principalement dans le nord et le centre de l’Italie. La démarche montre que Prada privilégie une approche sélective : identifier les risques, corriger les pratiques et sanctionner les entités non conformes. Ainsi, la maison combine rigueur éthique et continuité opérationnelle.
Prada face aux défis de la transparence et de la responsabilité dans le luxe 2026
La décision de Prada s’inscrit dans un contexte plus large où l’industrie italienne du luxe est sous haute surveillance. Depuis 2023, plusieurs maisons (Valentino, Loro Piana, Armani et Dior) ont été contrôlées pour des irrégularités similaires. Ces incidents soulignent un défi structurel. Celui de la dépendance à des ateliers artisanaux petits et nombreux. Une organisation qui tend à créer des zones où la supervision légale est complexe.
Prada adopte donc une stratégie proactive mais calculée. Le groupe souligne que la transparence totale n’est pas obligatoire et que la divulgation unilatérale pourrait nuire à sa compétitivité. Comme l’explique Lorenzo Bertelli, directeur marketing et de la responsabilité sociale, l’information sur la chaîne de production doit être partagée de manière uniforme dans le secteur.
Cette approche traduit une double ambition : protéger la marque tout en affirmant ses engagements éthiques. Le « Made in Italy » ne se limite plus à l’excellence artisanale. Il inclut désormais la conformité sociale et le respect des employés. Prada montre ainsi qu’une politique de sanctions claires peut devenir un argument de crédibilité.
Pour l’industrie du luxe mondiale en 2026, le message est clair. L’éthique et la transparence deviennent indissociables de la valeur d’une maison. Prada illustre qu’il est possible de concilier contrôle des risques, protection de la marque et renforcement de la confiance des consommateurs.