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Chanel et le producteur norvégien Hydro ont signé un partenariat couvrant la période 2026-2030 pour réduire l’empreinte carbone de l’aluminium utilisé dans les emballages de parfums, de maquillage et de soins. Cet accord illustre le rôle croissant de la chaîne d’approvisionnement dans les stratégies de responsabilité environnementale des maisons de luxe.
Annoncé le 28 septembre 2026, le partenariat prévoit une feuille de route industrielle commune pour développer des solutions d’emballage en aluminium dont l’empreinte carbone se rapprocherait de 3 kg de CO₂e par kilogramme de métal à l’horizon 2030. Pour y parvenir, les deux entreprises travailleront sur la matière première, sa traçabilité et les possibilités d’intégrer davantage d’aluminium recyclé.
L’accord repose sur une coopération directe entre la maison de beauté et son fournisseur de matière. Cette organisation doit permettre de prendre en compte, dès le développement de l’aluminium, les contraintes de qualité, de performance et de design propres aux emballages de luxe.
Une feuille de route pour réduire l’empreinte carbone de l’aluminium
Les premiers travaux s’appuieront sur Hydro REDUXA, une gamme d’aluminium primaire produite en Norvège à partir d’énergies renouvelables. Selon Hydro, son empreinte carbone certifiée ne dépasse pas 4 kg de CO₂e par kilogramme d’aluminium. Cette valeur couvre les émissions associées aux différentes étapes de production, de l’extraction de la bauxite au moulage du métal.
Le partenariat vise à aller plus loin en rapprochant l’empreinte des solutions développées de 3 kg de CO₂e par kilogramme d’aluminium d’ici 2030. Plusieurs leviers sont prévus : des essais sur des lots spécifiques, un renforcement de la traçabilité et l’étude d’une incorporation accrue d’aluminium récupéré à partir de produits arrivés en fin de vie.
Ces travaux doivent concilier réduction des émissions et exigences propres aux emballages de parfumerie et de cosmétique. L’aluminium doit notamment répondre aux attentes de résistance, de finition et de précision esthétique de Chanel Parfums et Beauté. Le défi consiste donc à faire évoluer les caractéristiques environnementales de la matière sans compromettre ses propriétés techniques ni les standards de fabrication de la maison.
La responsabilité environnementale se joue aussi chez les fournisseurs
Cette coopération reflète un enjeu structurel pour le luxe. Car une partie de l’impact environnemental des produits se situe dans les matières premières et les opérations réalisées en amont de leur fabrication. La sélection des fournisseurs, les procédés industriels et la capacité à documenter l’origine des matériaux deviennent ainsi des leviers de la stratégie RSE.
Pour Chanel, l’accord avec Hydro s’inscrit dans une démarche plus large de réduction des émissions sur la chaîne de valeur. La maison a notamment fixé un objectif de neutralité carbone nette à l’horizon 2040 et prévoit de réduire ses émissions absolues de gaz à effet de serre de scopes 1 et 2 de 50 % d’ici 2030, ainsi que celles du scope 3 de 42 %, par rapport à 2021. Les émissions du scope 3 couvrent notamment des activités et des sources situées dans la chaîne de valeur, en amont comme en aval.
L’intérêt du partenariat dépasse donc le seul approvisionnement en aluminium à plus faible empreinte carbone. Il repose sur une collaboration de plusieurs années entre le donneur d’ordre et le producteur, avec des objectifs techniques et environnementaux à traduire dans les procédés industriels.
