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Le numéro un mondial du luxe a réalisé 57,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 2 % en organique. Si la joaillerie, la distribution sélective et les vins et spiritueux soutiennent l’activité, le recul de la division Mode & Maroquinerie souligne pourtant les limites du modèle de diversification du groupe.
LVMH poursuit sa croissance, mais celle-ci demeure fragile. Sur les neuf premiers mois de 2026, le groupe a enregistré 57,148 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit un recul de 2 % en données publiées, mais une progression de 2 % à taux de change et périmètre comparables. Au troisième trimestre, la croissance organique s’est limitée à 1 %, après 3 % au deuxième trimestre et 1 % au premier.
Derrière cette évolution modérée se dessine une situation contrastée. La performance de plusieurs divisions permet au groupe de maintenir une dynamique positive malgré le ralentissement de la demande en Chine. Mais la Mode & Maroquinerie, qui reste son principal moteur économique, ne parvient pas encore à renouer avec une dynamique positive.
Une croissance portée par la diversification
Au troisième trimestre, LVMH a réalisé 18,504 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 18,280 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 1,2 % en données publiées. Cette évolution masque toutefois des dynamiques très différentes selon les métiers.
La Distribution sélective affiche la meilleure croissance organique trimestrielle, à +8 %. Sephora continue notamment de gagner des parts de marché dans plusieurs pays, portée par la solidité de son portefeuille de marques et le développement de lancements exclusifs. Sur neuf mois, l’activité progresse de 6 % en organique, à 12,476 milliards d’euros.
Les Vins & Spiritueux enregistrent une croissance organique de 6 % au troisième trimestre et de 5 % sur les neuf premiers mois de l’année. L’activité bénéficie notamment de signes de reprise dans le champagne, particulièrement en Europe, tandis que Hennessy affiche une bonne dynamique en Asie.
Les Montres & Joaillerie poursuivent également leur progression, avec une croissance organique de 6 % au troisième trimestre et de 8 % depuis le début de l’année. La joaillerie demeure le principal moteur de cette performance, soutenue notamment par Tiffany & Co. et Bvlgari.
Enfin, les Parfums & Cosmétiques renouent avec une légère croissance organique au troisième trimestre, à +1 %, après une stabilité sur les neuf premiers mois.
La Mode & Maroquinerie, principal point de fragilité
C’est toutefois dans la Mode & Maroquinerie que se concentre l’enjeu majeur. Car avec 26,391 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur neuf mois, la division représente environ 46 % des ventes du groupe. Elle reste donc déterminante pour sa trajectoire globale. Or, son chiffre d’affaires recule de 4 % en données publiées sur les neuf premiers mois de 2026, et de 2 % en organique. Et au troisième trimestre, la contraction s’accentue encore. Les ventes atteignent 8,245 milliards d’euros, contre 8,497 milliards un an auparavant, soit une baisse de 252 millions d’euros en valeur publiée. La croissance organique ressort, elle, à -5 %.
LVMH attribue cette évolution notamment au ralentissement de la demande en Chine, malgré une activité soutenue aux États-Unis. Le groupe met également en avant le renouvellement créatif de ses Maisons, de Louis Vuitton à Dior, en passant par Celine, Fendi et Loro Piana. Cette stratégie créative constitue un levier essentiel pour entretenir la désirabilité des marques et renouveler l’offre. Pourtant, les résultats du trimestre montrent que cette dynamique ne se traduit pas encore par une reprise généralisée des ventes de la division.
Les limites du modèle de diversification
La résilience de LVMH repose en partie sur sa capacité à ne pas dépendre d’une seule catégorie de produits. Contrairement à un groupe davantage concentré sur la mode, le numéro un mondial du luxe peut s’appuyer sur plusieurs relais de croissance, dont certains affichent actuellement des performances supérieures à celles de son activité historique. Mais cette diversification ne supprime pas la dépendance économique à la Mode & Maroquinerie. Elle en amortit seulement les effets.
Ainsi, les autres divisions peuvent contribuer à stabiliser le chiffre d’affaires consolidé, sans pour autant compenser durablement une contre-performance du métier qui représente près de la moitié des ventes. Pour que cette compensation se prolonge, leur croissance doit rester suffisamment forte et se traduire par une contribution économique à la hauteur du poids de la division en difficulté. À ce stade, les résultats montrent donc que la capacité du groupe à maintenir sa croissance dépend toujours largement de l’évolution de la Mode & Maroquinerie.
Une reprise encore à confirmer
Pour le reste de l’année 2026, les observateurs suivront donc de près les performances de la Mode & Maroquinerie. L’évolution des ventes dans les prochains trimestres, et notamment à Noël, devra permettre d’apprécier la capacité des maisons de LVMH à convertir leur renouvellement créatif en croissance commerciale.
