Les perspectives restent difficiles pour les groupes européens du luxe. HSBC a abaissé sa recommandation sur LVMH et Burberry, estimant que le second semestre 2026 s’annonce plus complexe pour le secteur, notamment en raison du ralentissement de plusieurs marchés clés.
Les valeurs européennes du luxe abordent la seconde moitié de l’année dans un environnement toujours contraint. HSBC a abaissé mercredi sa recommandation sur LVMH et Burberry à « conserver », estimant que les perspectives de progression des ventes restent limitées à court terme.
Le mouvement intervient alors que les deux titres poursuivent leur recul. Pour LVMH, considéré comme l’un des principaux indicateurs du secteur, HSBC estime que le segment du luxe souple, qui regroupe notamment la mode et les accessoires, devrait rester difficile. Concernant Burberry, les analystes considèrent que le potentiel de hausse est désormais plus limité après les premiers signes encourageants observés dans le redressement de la marque britannique.
La Chine reste un point de vigilance
Le secteur du luxe reste pénalisé par une demande moins dynamique en Chine, l’un de ses principaux marchés. Les dépenses des touristes constituent également un facteur de risque, dans un contexte géopolitique marqué notamment par les conflits au Moyen-Orient.
La pression se reflète sur les marchés financiers. Selon les données citées par HSBC, un panier de valeurs européennes du luxe suivi par Goldman Sachs affiche une baisse de 13 % depuis le début de l’année. LVMH se négocie par ailleurs sur la base de son plus faible ratio cours/bénéfices absolu depuis dix ans.
Pour HSBC, plusieurs indicateurs pourraient continuer à peser sur le secteur au cours des prochains mois. Les analystes citent notamment le ralentissement de la dynamique en Chine continentale, les réactions négatives sur les réseaux sociaux liées au différend autour de la marque LVMH et de Molly Tea, ainsi que le ralentissement du rythme des ventes en Corée du Sud et en Amérique du Nord.
HSBC attend une amélioration des ventes avant un rebond des actions
Dans ce contexte, HSBC adopte une approche prudente sur les valeurs du luxe. Anne-Laure Bismuth, qui dirige l’équipe d’analystes à l’origine de l’étude, estime que la valorisation ne constitue pas à elle seule un argument suffisant pour acheter une action.
Selon l’analyse de la banque, les investisseurs doivent surtout surveiller l’évolution de la croissance des ventes et la capacité du secteur à retrouver une dynamique plus favorable. HSBC ne prévoit pas, à ce stade, d’amélioration significative du momentum au second semestre.
La situation traduit les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les grands groupes européens du luxe : après plusieurs années de forte croissance, le secteur doit composer avec une consommation moins soutenue sur certains marchés, une fréquentation touristique plus incertaine et des écarts de performance croissants entre les maisons.
Pour LVMH comme pour Burberry, l’évolution des ventes dans les prochains mois constituera donc un indicateur central pour évaluer la capacité du secteur à retrouver une trajectoire de croissance plus solide.