Le groupe Estée Lauder Companies a conclu un accord transactionnel de 210 millions de dollars dans le cadre d’une class action intentée aux États-Unis. Les actionnaires accusaient le groupe de ne pas avoir suffisamment communiqué sur sa dépendance aux ventes « daigou » dans la province chinoise de Hainan, un canal devenu stratégique pendant la pandémie avant d’être fragilisé par le durcissement réglementaire chinois.
Un accord financier majeur pour solder la procédure judiciaire
Le groupe Estée Lauder Companies a accepté un règlement à l’amiable de 210 millions de dollars en numéraire afin de mettre fin à une action collective déposée devant le tribunal fédéral du Southern District of New York.
Les plaignants reprochaient au groupe de beauté d’avoir dissimulé aux investisseurs sa forte dépendance aux ventes réalisées via le système « daigou » dans la province chinoise de Hainan. Estée Lauder a toutefois nié toute faute dans le cadre de cet accord, dont une partie du coût devrait être couverte par les assurances du groupe. Le règlement doit encore être validé par le juge fédéral Arun Subramanian.
La plainte visait également deux anciens dirigeants du groupe : l’ex-CEO Fabrizio Freda et l’ancienne CFO Tracey Travis.
Le modèle « daigou » et les enjeux pour Estée Lauder en Chine
Le système « daigou » désigne un marché gris dans lequel des revendeurs achètent des produits de luxe et de beauté en duty free avant de les revendre à des consommateurs chinois continentaux à des prix inférieurs aux circuits classiques.
Ce modèle a fortement progressé pendant la pandémie de Covid-19, alors que les restrictions de voyage limitaient les achats à l’étranger des consommateurs chinois. La province de Hainan, devenue une importante zone duty free, s’est imposée comme un hub stratégique pour de nombreuses marques internationales.
Selon les actionnaires, Estée Lauder Companies aurait fortement accru sa dépendance à ce canal sans communiquer clairement sur les risques associés, notamment lorsque les autorités chinoises ont commencé à encadrer plus strictement ces pratiques à partir de janvier 2022.
Les investisseurs estiment que le groupe n’a réellement reconnu l’impact financier de cette situation qu’en novembre 2023. À cette période, le titre Estée Lauder avait chuté de 19 % en une séance, effaçant environ 8,7 milliards de dollars de valorisation boursière.
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