Le groupe suisse de luxe Richemont a annoncé vendredi le départ « avec effet immédiat » de sa directrice des ressources humaines, Sophie Guieysse. Membre du conseil d’administration depuis 2018, elle ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat lors de la prochaine assemblée générale du groupe, prévue en septembre.
Cette annonce intervient dans un contexte social sensible pour le propriétaire de Cartier. Ces dernières semaines, plusieurs médias suisses ont fait état de critiques internes concernant la politique de rémunération des dirigeants, alors même que certaines entités du groupe sont confrontées à d’importantes mesures de chômage partiel. Richemont n’a toutefois pas établi de lien entre ces controverses et le départ de sa responsable des ressources humaines.
Au sein du numéro deux mondial du luxe, Sophie Guieysse occupait une fonction stratégique. En tant que directrice des ressources humaines et administratrice, elle était impliquée dans les questions de gouvernance, de politique salariale, de gestion des talents et de dialogue social, des sujets devenus particulièrement sensibles dans un environnement économique marqué par les incertitudes du marché.
Richemont figure parmi les principaux acteurs mondiaux du luxe, avec un portefeuille de maisons prestigieuses comprenant notamment Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget, IWC Schaffhausen, Jaeger-LeCoultre et Montblanc. Le groupe emploie plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs à travers le monde et fait face, comme l’ensemble du secteur, à un ralentissement de la demande sur certains marchés clés.
Ancienne élève de l’École polytechnique et de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Sophie Guieysse a construit un parcours à la croisée du secteur public et des grandes entreprises internationales. Après avoir exercé plusieurs fonctions au sein de ministères français, elle rejoint LVMH en 1997 avant de poursuivre sa carrière chez Canal+ à partir de 2005.
Elle prend la direction des ressources humaines de Richemont en octobre 2017 et rejoint l’année suivante le conseil d’administration du groupe. Son départ marque la fin de près de huit années passées au sein du géant suisse du luxe.
À ce stade, Richemont n’a pas communiqué sur les modalités de sa succession. Cette évolution de gouvernance intervient alors que les questions de rémunération des dirigeants, de responsabilité sociale et d’engagement des collaborateurs occupent une place croissante dans les attentes des investisseurs, des salariés et de l’opinion publique.